LÀ G^HISSE, LA CHEVIIS, ET LA BREBIS, EN SOCIETE AVEC LE LION
Ésope, fab. 38, A^ xal'Ovoç xa\ 'AXi6iO)(; fiib. ssS, Âltiw xsIDm- Ypoc(Coray, p. 14 et aS, p. 147 et 148, p. 198). — Babrioi, bh. 67, ''Ovo^poç xa\ Albiv. — Phèdre, IWre I, &b. 5, Faeeaêt (kp^k^Om et Léo, — Àbstemius, fab. 187, de Leone partem prmdm a Lupo petaUe^^ Romulus, livre I, fab. 6, Facca et Capella^ Otns et Léo, — àomtm iâ Renart (édition MéoD^ tome I, p. 107 et nÛTaiites, Ters 5584-6i68]. -~ Marie de France, fab. ii» dou Lton^ dou Bitgle et de mm Leu; et fab. la, dou Lion qui ala chacier od la Chieure et la Brebis, — Btadent, i** partie, fab. 116, £un Ljron et quelques aultres Beats; fab. 173, d^un Ljon^ £un Asne et d^un Regnard, — Goirozet, fidi. 5, du Ljron^ de la Brebis^ et autres Bestes ; fab. 64, du Lyon^ de tÀsite et du Benard, — Le Noble, fab. la,' du Lion et des autres AmMioai. U puissance tjrrannique.
M/thologia msopiea Neyeleti^ p. lao, p. 271, p. 356, p. 336, p. 39«, p. 490, p. 6ia.
Manuscrit* de Conrart (tome XI, p. 536), et Manuscrit de Ssititt* Genevièçe,
< Voilà certainement, dit Chamfort, une maaTaiae fable que la Fontaine a mise en Ters d'après Phèdre {et d'après la fabk tsS d*Ésope)» L'association de ces quatre personnages est absurde et contre nature. Quel besoin le Lion a-t'il d'eux pour chasser? Os sont eux-mêmes le gibier qu'il cherche. Si Phèdre a touIu hat Toir qu'une association ayec plus fort que soi est souvent dangereuse, 3 y avait une grande quantité d'images ou d'all^ories 'qui amaieDt rendu cette vérité sensible. Voyez la fable du Pot de terre et du Pot de fer, > Le critique a raison ; mais, malgré tout, qui voudrait perdre le discours du Lion? Et ne faut-il pas, dans l'apologue, admettre quelques invraisemblances de ce genre? Avouons toutefois que le sujet et tout le développement de la fable sont heureosemeiit nodi-
r. Ti] LIVRE I. 75
Aéf, eonme le fiiît remarquer Gemxei, daiM un long réoU dv AtNMR étu Bmtardy qui, par le cadre, se rapproche du iraméro 38 d*Ésope. Robert (tome I, p. 3a-S4) ^^^ ^^ ancien fabliau qui a pour titre la Compaignie Benart ', et qui r^ume élégamment le récit du Ammr. « Les attociéaduLion sont le Loup et le Renard ; ils s*empirent en commun d'un taureau, d*une racbe et d*un Teau. Le Loup propote de donner le taureau au Lion ; il prendra pour lui la génisse, et le veau sera la part du Renard. A cette proposition, le Lion étend sa griffe,et déchire au Loup la peau du front^qu^il lui rabat sur le museau:
.... Le cuir de la grise pel Li abat desus le musel ;
paît il dit au Renard de proposer un autre partage. Maître Renard adjuge le taureau au Lion, la Tache à a Madame laLionesse, » qui la
.... mengera souz sa cortine, Ou ele gist en sa gesine.
Puis il ajoute :
Et Tostre ûlz, mi Damoisel, Si aura le petit réel.
Le Lion émerreillé demande au Renard qui Ta rendu si habile à Cure les partages. Cest, répond-il,
Cil bachelers que ie Toi là Qui si se fet fier et harouge, Force qu*îl a aumuce rouge. »
— On peut Toir dans le lirre de M. Soullié, p. ia4, la fable latine tirée probablement, soit du fabliau, soit du Roman^ par Robert Mestin (Sermomet^ Paris, i5a4, in-8% f* i54, col. i). — M. Benfey (PoMtschaianiray tome I, p. 354) i^o<^ apprend que les Tuaregs d*Afrique connaissent Tapologue de la part du Lion, ainsi que plu- MCQTs autres de ceux que contient le lirre de Calila et Dimna, —
— Rouneau (toujours au lirre II à'Émile) Toit dans cette fiible oae Ufom tP injustice, c Dans toutes les fables, dit-il, où le lion est on des personnages, comme c*est d^ordinaire le plus brillant, Ten- £nit ae manque pas de se faire Lion ; et quand il préside à quelque partage, bien instruit par son modèle, il a grand soin de s*emparer de toot. • Pour cette critique, nous ne pouvons, comme pour toutes
I. Ce fabliau se lit au f* s 53 v* d*un recueil de poésies qui est •ox manuscrits de la Bibliothèque nationale, fonds français, n* 837.
76 FABLES. [r. n
ûtiilm àamême gean^qa» rea!woj€T emomn klk Bn de laxfii*leçQt de M. Saint-lfaro Ginurdin, qui ditciiigiie aTeo nn rare bon mm « qtt*il en fiiitl prendre et kitser.
La (jénisse, la Qièvre, et leur sœur la Breln6,
Avec an fier Lion, seigneur dn voisinage,
Firent société, dit-on, au temps jadis,
Et mirent en commun le gain et le dommage.
Dans les lacs de la Chèvre un cerf se trouva pris. s
Vers ses associés aussitôt elle envoie.
Eux venus, le Lion par ses ongles compta,
Et dit : « Nous sommes quatre à partager la proie. »
Puis en autant de parts le cerf il dépeça;
Prit pour lui la prenuère en qualité de Sire : x«
« Elle doit être à moi, dit-il ; et la raison,
C*est que je m^appelle Lion :
 cela Ton n^a rien à dire.
La seconde, par droit, me doit échoir encor : Ce droit, vous le savez, c'est le droit du plus fini. iS Comme le plus vaillant, je prétends la troisième. Si quelqu'une de vous touche à la quatrième,
Je Tétranglerai tout d'abord *. »
a. Phèdre met dans la bouche du Lion cet quatre Ten éiergiquet et préda :
Egoprlmam toUo^ naminor quia Léo; Seeimdam^ qmia ium fortU^ trièuetis mihi; Tlam^ qum plus poUoj hm SêqiMtmr têrtiaf Malo affleutWy si quii qumrtam tetig^rit,
La première raifoo est dans Esope (fab. %%S) : P«9iXtbc ydip ^ et dima Marie de France (fiib. la) :
La greignur (phu grande) part dett ettre meie. Car ieo aui rois, la cort Potreie (la aomr todrm).
». m] LIVIE I. 77
FABLE VIL
LA BBSACB.
Éiope^ fidb. 337f t> h^ idipaç i^fj^iivoc (Cony, p. isi et m). — Bdbrins^ &b. 66, ''Av6p«iice« oliv Sool «tpenç. — Phèdre, IWre IV, U>. lo, Je Fitlii homimum, — AriaBOt, fab. 14, Simla et Jupiter, -* U Fontaine a compote m &ble des trois fables anciennes <]u*il a pe connaître, et dont deux, IVsopique et celle de Phèdre, sont à pen près identiques. Avianus lui a fourni la comédie^ comme TappeOe M. Saînt-fifarc Girardin (xii« le^n, tome I, p. 414), par laquelle Tapolofue commence, ce cadre des animaux comparaissant dennt Jupiter; Ésope et Phèdre, FaUégorie de la fin, les deux poches ou la besace, que Prométhée lui-même, dit Babrius, attacha à rhomme (eelle de derrière beaucoup plus grande), aussitôt après Ptvoir erè^. Yoyes la dernière note de la fable.
tfythdûgUi msopicu Nepeleti^ p. 434, p* 4^4*
Cette fiJile a été reproduite dans le Recueil de poésies chrétiennes ttâeerses^ tome III, p. 357 (P^ erreur, pour p. 36i}.
Jupiter dit un jour : « Que tout ce qui respire
S*en vienne comparoître aux pieds de ma grandeur :
Si dans son composé quelqu'un trouve à redire,
n peut le déclarer sans peur ;
Je mettrai remède à la chose. 5
Venez, Singe ; parlez le premier, et pour causée
I. a Phdsanterie de Jupiter, qui suppose que le Singe {qmÂplamus déâgne pmr tépitkète tnrpissima) aura plus è se plaindre que les «■très. 1 {Noie dAdry^ dans le VocnhuÛure qui termine son édition àmWMuie la Fontaine^ Paris, H. Barbou, 1806, p. 383.) — L*abbé Gmllon cherdie ailleurs, et un peu trop loin, ce nous semble, la nison des mou et pottr cause : c Un fabuliste anglais, dit-il, M. Bferridi, a expliqué cette cause par une fable ou allégorie, dans le style des Métamorphoses d'Oride : t Jupiter avait changé en singes une c race d'bràunes indignes de ce nom. Touchés de repentir, les
78 FABLES. [r. tu
Voyez ces animaux, faites comparaison
De leurs beautés avec les vôtres.
Êtes-vous satisfait ? «^ Moi ? dit-il ; pourquoi non ? N*ai-je pas quatre pieds aussi bien que les autres? lo Mon portrait jusqu'ici ne m'a rien reproché ; Mais pour mon frère TOurs, on ne Ta qu'ébauché : Jamais, s'il me veut croire, il ne se fera peindre. • L'Ours venant là-dessus, on cmt qu'il s'alloit plaiadre. Tant s'en faut : de sa forme il se loua très-fort ; t s
Glosa sur l'Éléphant, dit qu'on pourroit encor Ajouter à sa queue, ôter à ses oreilles ; Que c'étoit une masse informe et sans beauté.
L'Éléphant étant écouté.
Tout sage qu'il étoit, dit des daoses pareilles : lo
Il jugea qu'a son appétit*
Dame Baleine étoit trop grosse.
Dame Fourmi trouva le Ciron trop petit,
Se croyant, pour elle, un colosse.
Jupîn les renvoya s'étant censurés* tous, >S
Du reste, contents ^ d'eux *. Mais parmi les plus foos
« coupables prièrent le dieu de leur rendre les traits de rhoome « et Vusage de leur raison. Jupiter ne Toulut leur accorder qu^ule a partie de leur prière : il leur reiiisa la raison, nais leur doona le « premier rang après rhoaime. »
a. À son sens, à son gré.