‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 163 sur 379 · Cest prestjne le mot même de Phèdre (^ers · texte numérisé non relu

Cest prestjne le mot même de Phèdre (^ers

jilii timul delinquunt^ eensores sumus.

4* Var. La première édition, i668, in-4*, et, d*aprèt elle, le* éditions de i68a (Paris, Barbin), et de 1708 (Londres), portent content^ au singulier. Cependant, dès 1668 même, Téditioa in-i> donne ooutens^ qui forme un sens très-différent, et qui est reprodiit par rédition de 1669. Dans Pédition de 1678, on lit eomtttU^ oomm dans rin-4* de 1668 ; mais cette leçon est corrigée dans VEm^ qui rétablit «^n^MW. Il 7 a également amtmM dans Tédition de iM (ia Haye, ran Bulderen).

5. La d<mnée contraire, le Cheval se plaignant de toutes sesis-

p.Yu] LIVRE I. 79

Notre espèce excella; car tout ce que nous sommes, Ljnx envers nos pareils, et taupes envers nous^, Noos nous pardonnons tout, et rien aux autres hommes : On se voit d'un autre œil qu'on ne voit son prochain '^. 3o

Le fabricateur souverain Nous créa besaciers* tous de même manière*, Tant ceux du temps passé que du temps d'aujourd'hui : n fit pour nos défauts la poche de derrière,

pcdecdons à Jupiter, afoarni à Lessing une de ses plat belles fables, la T* da lirre I : Jupiter et le Cheval.

6. Ce Ten est cité dans les Mélanges de Voltaire (tome XXXIX àft% Œuvres^ p. ii8) panni les c maximes d*on sens profond qu'on trovre en fook > dans notre antenr. — Robert (tome I, p. 39) cite noe pbrase latine qu'on croirait traduite par la Fontaine ; die est tirée d*im apc^ogoe de Gratianus a Sancto Elia, intitulé Corupieilla, c les Limettes » : Docere poluit (philosopbus) komines, in oèterpamdis •cAbus proximd^ ocuios habere Ijrncmos^ esse aquilas et argos; ad suas veto aetimies esse taipas, » Rabelais a dit aussi ! c II ne sçait le pre* BÛer traict de pbilosophie, qui est : Congnoj^toy . Et se glorifiant veoir nng festn en 1*001 d'aultruy, ne Teoit une grosse soucbe laquelle Iny poche les deux yeulx.... Cest une aultre lamie, laquelle en mairas estranges, en publicq, entre le commun peuple, Toyant plus pcaetramment que ung Lynce, en sa maison propre estoit plus ioragie que une Taulpe : chez soy rien ne voyoit. » (lirre in, <diapitiexxT, tomel» p. 448.)

7. Plutarque, dûis le traité de la CuriasUê (chapitre i], cite ces ieuxTers:

c Pourquoi ta Tue est-elle perçante pour Toir le mal d'autrui, et psiie-t-eUe à côté du tien? »

8. Bfsacier, porteur de besace. Ce mot parait être de TinTcntion de la Fontaine. Au moins n'est-il pas dans les lexiques du dixseptième siècle. L'Académie, qui ne lui a donné place dans son JDtcfmoMÔv qu'en 176a, Êiit remarquer qu'il ne s'emploie guère que pir dénigrement, par exemple en parlant des moines mendiants.

9« Feras imposmt Jupiter nobis duas :

Prcpnis rtpUtam vitiispast tergum dédit ^

AUenis ante pectus suspendit graçtm. (PuioBB, Ters i-3.)

8o FABLES. [p. tii

Et ceHe de devant pour les défauts d'autrui ^*. s s

lo. Les allnsiont à ce proTeri)e allégoriqae abondent cfaes la èm* ciens et ches les modernes. Catulle (xxn, vert ao et ai) :

.... Suus auoiquê attrUutiu est error^ Sed mm vuUmui manticm quod im tergo est.

— HcNaoe (livre II, sotîre m, verf 298 et 299} :

Disent iiuanum tjtd me^ totufem audiet^ atque Bespicere îgnoto diseet pendentia tergo •

— Perse (satire iy, Ters «3 et «4) :

Ut nemo in sese tentât descendere, nemo; Sed prmcedenti spectatur mantica tergo/

*- Sénèqne (de la Colère, livre II, chapitre xxvni) : AUena ffitiaiaocdu kaSemus^ a tergo nostra sunt, — Plntarqoe, dans \tiFiede Crassas (du* pitre xxxn), dit de Suréna, qui décriait les mcenrs des Romaim devant le sénat de Séleucie, qu*il portait attachée par devant la podieoà étaient les excès de ceux-ci (t^v.... sn^pocv l^pTT){iivov ^qpéowSn), et pu derrière (tfmoOev) celle où éuient ceux des Pàrthes. — Dans Stobée, au commencement du titre xxni> est citée la ûd>le d*Ésope avec pbsieurs fragments grecs de pensée analogue. — Voyez d-aprèi, à V Appendice du présent volume, la très-fine et très-juste applicstioB que M. Saint-Marc Girardin , dans une autre de ses leçons, U n«, fidt à la ftiÀty en général, de la morale des deux poches. A la loîte, nous donnons, d'après lui et d*après Robert , une mise en actioo, naïve et frappante, extraite des Fies des Pères du désert d'AnsaU d*Andilly; puis le passage de Pantagruel où Rabelais appli^e Ftllégorie de la besace à la fois aux fautes et aux malheurs. — c U moralité s'élève, nous dit encore, dans la xn* leçon déjà eilét, M. Saint-Marc Girardin (tome I, p. 4i5), et aboutit à rÉvangîle.» Elle exprime en effet la même pensée que le mot si coudd de h poutre et du fétu, reproduit ci-dessus (note 6) dans la àtatîoo de Rabelais : voyez saint Matthieu , chapitre th, versets 3-5, et tsà^t Luc , chapitre vi, verseu 41 et 4a. ,

r. nn] LIVRE I. Si

FABLE VIII

L*HIRONDELLS BT LES PETITS OISEAUX.

Éiope,fid>. 9i85,XiXt(àw xa\ lOpytOsc; ùh. 33o et 33i, rXotbÇ xa \)pfia (Coray, p. i86, p. 117 et 118). -* Appendix Cdmlamm «toptamm, fid». 11 , jÉpes et Mirimdo, — - Romnlus, livre I, fij>. 19, Jm tt Htrmmdo. — Marie de France, &b. 18, tie PAnmdêlU et du OifMjT. — Uandent, f* pi^«» ^« 1^7) de PHêrondê et des muitres 'OUeeids, -« Corroiet, fab. 16^ de tjirondeUe et autres Oiseaum, — Le Noble, fid>. 59, du £m, des Oiseaux^ et de la Pie, La préwofonce,

Mythohgia sssapiea Neveletiyp, 3i5, p. 5oo.

Une note inédite, de la main de Walokenaer, parle d*un manu- Krit autographe de oette fable. Yojres ci^après, la note 6.

M. Bcnfey (tome II, p. 139 et 140) traduit une fable indienne ou •e tioQTe le même conseil donné aux oiseaux d^arracher « Fherbe m iQeU. » n n*ose décider (tome I, p. a48 et 149] <{uelle est, de la &ble indienne et de la fiible ésopi<{ue, la plus ancienne.

Une Hirondelle en ses voyages Atoît beaucoup appris. Quiconque a beaucoup vu

Peut avoir beaucoup retenu.

Celle-ci prévoyoit jusqu*aux moindres orages %

Et devant qu'ils fussent éclos, S

Les annonçoit aux matelots.

D aniva qu'au temps que la chanvre* se sème *,

I. Voyex les Géorgiques de Virgile, lirre I, Ters 373-377, eiTiTâ- '«« MtnreUe de Pline, lirre XVIII, chapitre Lxxxrn.

*• Ce mot ne sVmploie plus qu*au masculin, genre que lui donnait déjà, au dix-septième siècle, Nicot, Bichelet, Furetière, "Académie. Il a, si nous en croyons M. horuxÇF'ocaàulaîre pour les ^'^nt Je la FomtaUe^ p. ^%)j conserré le genre féminin « dans T^^lqnes proTÎnoes, notamment dans les Tillages du Soissonnais et uxcaTÎTons de Château-Thierry, patrie de la FonUine. »

3. L« chancre se sème habituellement dès que les froids ne sont

i. DB I^ FOSTAUB. I 6*

8a FABLES. [r. m

Elle irit un manant^ en couvrir maints sillons.

« Ceci ne me plaît pas, dit-elle aux Oisillons :

Je vous plains ; car pour moi, dans ce péril extrême, lo

Je saurai m'éloigner, ou vivre en quelque coin*.

y oyez- vous cette main qui par^ les airs chemine?

Un jour viendra, qui n^est pas loin, Que ce qu'elle répand sera votre ruine. De là naîtront engins ^ à vous envelopper, i5

Et lacets pour vous attraper,

Enfin mainte et mainte machine

Qui causera dans la saison

Votre mort ou votre prison :

Gare la cage ou le chaudron ! *•

C'est pourquoi, leur dit THirondelle,

Mangez ce grain; et croyez-moi. »

plus à craindre. En France, au nord et à Peit, on attend joi^** la dernière quinzaine de mai ; dans les contrées plus firoides, joiqu^en juin. Vojez le Dictionnaire de T Agriculture de MM. Joigneuiz et Moreau, tome I, pj 394.

4. Un paysan, un rustre. Cest ainsi que rAcadémîe (1694) àkfinit le mot. Son sens propre, et « en ce sens, dit-elle, on ne le net guère qu*au pluriel, 1» est « habitant qui demeure et est habituées un bourg ou village. »

5 . Ce n*est pas chose inouïe, à ce qu^il parait, que des hirondeUefr au lieu d*émigrer, vipent engourdies en quelque coin durant Phiver, comme le disait déjà Aristote [Histoire des a/ùmaux^ lirre VIO, cbtpitre xrni). Voyez, dans le Dieiiomuùre wùpersel iPhistoire nehtdU de d*Orbigny (Paris, 184$, tome Yl, p. 645 et suivantes), Tiatéressant article de M. Z. Gerbe.

6. a Le manuscrit autographe portait dans; la Fontaine Ta eCboé poiu* y substituer par^ qui est écrit au-dessus. » {Note manusirit* de îValckenaer,)

7. Machines, instruments de toutes sortes; du latin imgmwm « Ce mot d'engin, d*après Furetière(i69o), s'est dit particulièrement des filets à prendre du poisson. » — Marie de France s'ef^ serrie du même mot :

Cil (le vilain) fist dou lin engins piusurs. Dont prist oissiax grans et menurs.

r. Tm] LIVRE I. 83

Les Oiseaux se moquèrent d^elle :

Ils trouvoîent aux champs trop de quoi.

Quand la chènevière (ut verte, a 5

L*Hirondelle leur dit : « Arrachez brin à brin

Ce qu*a produit ce maudit grain,

Ou soyez sûrs de votre perte.

— Prophète de malheur, babillarde, dit-on,

Le bel emploi que tu nous donnes! 3o

Il nous faudroit mille personnes

Pour éplucher tout ce canton*. 3>

La chanvre étant tout à fait crue, ^Hirondelle ajouta : a Ceci ne va pas bien ;

Mauvaise graine est tôt venue. 3 5

Mais puisque jusqu'ici Ton ne m'a crue en rien,

Dès que vous verrez que la terre

Sera couverte ', et qu'à leurs blés

Les gens n'étant plus occupés

Feront aux oisillons la guerre ; 4o

Quand reginglettes *® et réseaux

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