PoÎDt de plaisir sans trouble, et jamais de repos
<^ Auguste dans le Ciima de Corneille, acte U, scène 1, Ters 876.
7* Il s'agit moins sans doute des pilleries commises par les sol- ^ que de l'i^ligation mineuse de les loger, de les héberger
io8 FABLES. [p. xv-xu
Le créancier, et la corvée * Lui font d*un malheorenz la peinture adievée. D appelle la Mort. Elle vient sai^ tarder,
Lui demande ce qu'il faut faire.
« C'est, dit-fl, afin de m*aider i5
A recharger ce bois ; tu ne tarderas guère *. »
Le trépas vient tout guérir;
Mais ne bougeons d'où nous sommes :
Plutôt soufirir que mourir,
C'est la devise des hommes ^*. it
c Jusqu'à la fin du dix-septième siècle, les soldaU étaient logés au» des forteresses ou dans les maisons des bourgeois. Le Journal àe Dangeau annonce, à la date du 17 janrier 1691, la oonstmctN» de casernes à Paris : c Le Roi a ordonné au prérdt des mirthiB<i< et € faire bAtir des casernes pour loger les gardes françoiscs et summi c On y travaille actuellement, et ce sera un grand soulagemfot poar c les habitants de la ville et des faubourgs de Paris. » (GiiiiiiLi Dictionmaire historique des institutions , mœurs et coutumes de h frûâct^ 9« partie, p. 907.) Le casernement des troupes, dans toute UFitocf, ne fut achevé que vers la fia du dix-huitième siècle. Encoit V boui^eois, même alors, demeura-t-il soumis à Tobligation de loger les soldats qui voyageaient, en corps ou isolément, avec une Mk de route. Cet usage, on le sait, n*a pas encore disparu. Qu'on loojv à ce que devait coûter aux gens de la campagne une pareille obligation.
8. Travail et service personnel et gratuit, qu*on devait an vm*^ rain ou à son seigneur, et dont on pouvait se racheter moyeniuBt certaines redevances. La corvée fut abolie par l'Assemblée confti* tuante dans la fameuse nuit du 4 août 1789.
9. Gda ne te causera pas grand retard, tu n*y perdras pas bfsicoup de temps. Cest la pensée d'Horace, dans l'ode sur Arcfa}ia> (livre I, ode xxvni, vers 35 et 36) :
Quamquam festinas, non est mora îonga ; licebit^ Injecto terpuivere, curras,
10. An sujet des deux derniers vers. Voltaire dit, dans l'endroit cité plus haut (p. 79, note 6), que c'est tm de ces traits c £iiis por tous les esprits. »
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r.Tvn] LIVRE I. 109
FABLE XVII
L HOMME ENTRE DEUX AGES, ET SES DEUX MAtTRESSES.
Ésope^fab. 162, 'Av^p {jieao7:6Xioc xolTTaipat (Corayyp. 98,p.35a). — BabriuSy fab. ai, !\v^p (leaoToâXtoç xa\ StSo 2p(i&(ievai. — Pbèdrey tiiTe II , fab. a, Anus diligens flrum medUe mtatiSy item Puella, — Handcnt, i* partie, fab. 48, ttun Homme et de se* deux Femmes, ^- CoiTozety &b. 10O9 d^un Homme et de ses deux Femmes, — Boarsault, ies Fables d* Ésope y acte Y, scène dernière, V Homme et les deux Femmes, —Le Noble, conte 83, du Mari et de ses deux Femmes, Végalité dans le mariage.
Mjrthoiogia msopica Neveleti, p. aa3, p. 367, p. 4 10.
Cette histoire a été introduite dans le lirre de Calila et Dimna par Tauteur de la traduction persane intitulée : Anvar^i^SuhaUi; elle a paisé de U dans la Ternon turque, Houmafoun-namehy qui a été mise ea français par Galland et Gardonne, sous le titre de Contes et Fables i»diemnes de Bidpai et lokman (Paris, X778, 3 toI. in-ia ; la ftd>le de f Homme entre deux âges se trouve, dans la traduction française, au tooein, p. ail), y oyez Loiseleur Deslongobamps, Essai sur les fables méieiutes^ p. 70 et 71 , et le Pantscfiatantra de M. Benfey, tome I, p. 60a. — Guillaume Bouchet la raconte rapidement dans ses Serées (Urre I, 5« serée, p. 178, Rouen, i635). Chez lui Taction est suoccisÎTe; l'Homme épouse d*abord une Vieille, puis une Jeune. — Dans les Avaddnas ou Contes et Apologues indiens^ traduits du chinois par M. Stanislas Julien, il y a, au tome II (p. i38}, une historiette ^ barbe épilée, de poils blancs et noirs saccagés, mais par une seule feiame; la morale est tout autre. — c A proprement parler, dit Qttmfort, cette pièce n*est pas exactement une fable : c*est un récit «Uégofique; nuis il est si joli et rend si sensible la vérité morale ^<nt il s*agit, qu'il ne faut pas se rendre difficile, a
Un Homme de moyen âge, Et tirant sur le grison *,
i« L'une des &bles grecques réunies par Coray dit avec une élé-
iio FABLES. [F.ivn
Jugea qu'il étoit saison De songer au mariage.
U avoit du comptant, s
Et partant De quoi choisir ; toutes vouloient lui plaire : En quoi notre amoureux ne se pressoit pas tant ;
Bien adresser n*est pas petite affaire.
Deux Veuves sur son cœur eurent le plus de part : lo L'une encor verte, et l'autre un peu bien mûre, Mais qui réparoit par son art Ce qu'avoit détruit la nature.
Ces deux Veuves, en badinant.
En riant, en lui faisant fête, i5
L'alloient quelquefois testonnant ', C'est-à-dire ajustant sa tête.
La Vieille, à tous moments ', de sa part emportoit
Un peu du poil ^ noir qui restoit, Afin que son amant en fût plus à sa guise. ao
La Jeune saccageoit les poils blancs à son tour. Toutes deux firent tant, que notre tête grise Demeura sans cheveux^, et se douta du tour.
gante brièveté : d^p (u^Opi^^ c tm homme aox chereiix mêlés» de couleur mêlée. » -^ Voyez ce que M* Taine (p. 3oa) dit de ceruin» passages de cette fieible, tririalement narquois.
a. Ce yienx mot avait alors la double signification de p*i§^% coiffer^ et de donner des coups ^ particulièrement sur la tête; c*est nos doute à cause de ce double sens (Richelet donne seulement le second' que la Fontaine croit devoir ajouter l'explication qni est dans le fers suivant.
3. Les éditions de Didot écrivent : à tout moment ; toutes les édi- ^ tions originales on contemporaines mettent ces mots an pluriel.
4. Sur cet emploi du mot poil, et sur celui de tête grise ^ ib vers 93 y et de tondu, au vers a5, voye* VEssai sur la langw ^ ^ Fontaine, par M. Marty-Laveaux (Paris, i853, in-8*), p. 11.
5. « Il aduint qu*à la fin, dit Bouchet, il demeurrpdé, pour coaplaire à l'une et à l'autre de sesframies. a
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r.ini] LIVRE I. m
i Je TOUS rends, leur dit-il, mille grâces, les Belles,
Qui m^avez si bien tondu : a 5
J'ai plus gagné que perdu; Gir d'hymen point de nouvelles.
Celle que je prendrois voudroit qu'à sa façon Je vécusse, et non à la mienne.
Il n*est tète chauve qui tienne : 5o
levons suis obligé, Belles, de la leçon. »
lia FABLES. [r.xnu
FABLE XVIII