‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 197 sur 379 · LE LION ET LE MOUCHERON · texte numérisé non relu

LE LION ET LE MOUCHERON

Ésope, fab. 146, Kt^voy]' xa\ Aécuv (Coray, p. 88). "» Bandent, I** partie, fab. m, «Tu/i Tahon et tTtm Lyon,

MytUologia msopica NeveUti^ p. a 10.

Malgré l'analogie des titres, le sujet est autrement conçu et k bo> ralité différente dans la fable latine Culex et Tour us (la 1 6* de VJp' pendix fabularum rnsopiarum^ imprimé à la suite du Phèdre^ éditioo Lemaire), dans celle ê^Ytopet //, donnée par Robert, la BméûHU di la Mouche et du Torel^ dans la 56« de Marie de France , d'ua Ln e d*ua EscarboZf et surtout dans la fable 84 de Balmus, Kf&vti^ va Taupo^. C'est plutôt la iia* de Babrhis, M^ xa\ TaSpoç, qui, ptr ridée qu'elle met en action, se rapprocbe de notre fable.

Voyez la comparaison que M. Saint-Marc Girardin, diuis ta Tni«leçon (tome I, p. 144-346), fait de cette fable arec la £d>le Utîne ($7^, Léo et Culex) de Weiss (Pantaleo Candidus), et à la wlte (p. 346-^48), l'intéressant déyeloppement où il nous montre, citint les noms de Masaniello, de Fiesque, de Henri IV, que la Cd>le oc^ souvent ses tableaux de lliistoire, et qu'elle c ne peint pas seulement les mœurs de l'bomme, > mais aussi c les érénements de ii yie bumaine et leur capricieuse mobilité. > — Dans sa critique des Fables et de leur morale (Emile ^ livre II) , Rousseau n'a pas ooblié le Lion et le Moucheron, Cesr, à ses yeux, c une leçon de satire. > Quand le Lion est en scène , nous dit-il , l'enfant d'ordinaire ne manque pas de se faire lion, c Mais quand le Moucheron terrasse le Lion, c^est une autre affaire. Alors Tenfant n'est plus lion, 'ûtA moucheron. Il apprend à tuer un jour à coups d'aiguillon ceux qu'il u'oseroit attaquer de pied ferme. > — M. Liotard, membre de l'Académie du Gard, a indiqué', comme curieux objet de rapprochement, un passage du roman grec d'Achilles Tatius, les Jmotr*

I . De quelques emprunts ou imitations en littérature^ à propos Je Me» cine et de la Fontaine^ Nimes, de Timprimerie ClaTcl-BaUitet et 0«, 1867, p,a3-a6.

r.ix] LIVRE II. i55

JeLeueippeet Je CUtophon (livre II, chapitres xxietxxn), lequel avait échappé jusqu'ici aux divers commentateurs de la Fontaine, mais a été mentionné par M. Benfey (tome I, p. ^46). Nous le donnerons dans V Appendice du tome I. — M. Benfey (p. a 4 5) compare en ooHit i Tapologue ésopique une fable indienne du Pantschatantra , oà le Lion est remplacé par TÉléphant. Voyez aussi Loisekur Oesloogchamps, p. 38 ; M. Wagener, Essai sur les rapports qui existent entre les mpologues de Vlnde et les apologues de la Grèce^ p. 1 18 et 1 19 ; et M. Weber, Études indiennes , tome III, p. 35 1 et 35a. — La faUe est résumée dans le proverbe grec : *T>x^i xa\ ^ Muî« ojcXîlva, ccMifiimé par cet autre : ^Dveori xa\ Muppjxi x^^^^i * ^ mouche aussi aune rate {considérée comme siège de la colère). Il y a aussi de la bile chez la fourmi, i — La fin du Moucheron après sa victoire était de même devenue proverbiale. L'historien byzantin Nicétas Choniate y &it allusion dans ses Annales (p. 3 17).

« Va-t'en, chétif insecte*, excrément de la terre* ! »

C'est en ces mots que le Lion

Parloit un jour au Moucheron.

L'autre lui déclara la guerre*.

« Penses-tu , lui dit-il, que ton titre de roi 5

Me fasse peur ni me soucie* ?

s. Dans la fable d'Ésope c'est le Moucheron qui parle le premier et déclare au Lion qu'il n'a pas peur de lui : Oùdè foM\iAi oe, o^l dwati&Tcp^ç {Aou eT.

3. Malherbe avait dit, au début de ses deux stances contre le Baréchal d'Ancre (tome I, p. a39, poésie lxxvi) :

Va-t'en ^ la malheure, excrément de la terre !

Bahac, cité par Ménage (Observations sur Malherbe^ tome II, p. a4t » édition de I7a3), trouvait cette expression trop basse c pour un tjfian.... plus haï que méprisé. » La Fontaine en a fait une heureuse •pplication, que Balzac sans doute et Ménage n'eussent pas blâmée. — Vojez ce que M. Taine (p. 84 et 85) dit du langage et du ton qoe notre poëte prête d'ordinaire au Lion.

4< Dans la fable grecque, l'insecte déclare la guerre en ces tenues El U eOciç, IX6(D{&£v xa\ e?c 9c6Xc(iov.

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