XXX NOTICE BIOGRAPHIQUE
de Malherbe par Racan*, nous sommes arriyë aa mariage de la Fontaine. Dans sa vie de rêveur, de poète, et d'ami des libres plaisirs, c'est on éyénement qui n'a pas pris une grande place ni apporte un changement très-apprëciable : il n'a guère fait que mettre plus en relief les singularités de sa physionomie. « Quoiqu'il eût, dit d'Olivet*, peu de goût pour le mariage, il s'y dëtermina par complaisance pour ses parents. » Tallemant parle à peu près de même* : « Son père l'a marié, et lui l'a fait par complaisance. » S'il en fiit ainsi, lui, qui déclarait peu sage de prétendre « contenter tout le monde et son père, » voulut au moins contenter celui-ci. Il se peut que ce père, ayant l'intention de transmettre à son fils la charge de mattre particulier des eaux et forêts, qu'il lui assura en effet à ce moment, ait craint de l'y établir moins respectablement s'il le laissait dans le célibat. On croit entrevoir d'ailleurs que le conseil de prendre femme doit avoir été donné aussi par des amis, que par eux surtout le choix à £ûre fut ndiqué. La famille à laquelle il allait s'allier était déjà unie, par un mariage, à celle des Jannart, lesquels, d*autre part, étaient liés, depuis longtemps, avec les familles paternelle et maternelle de la Fontaine, Les traces de cette liaison sont sous nos yeux, dans des actes de baptême de 16214^. Il y en a un du mois d'avril de cette année-Là, où Marguerite Jannart, fille de noble homme, Nicolas Jannart, élu de GiAteau-Thierry, ^ est marraine, et un Pierre Pidoux parrain. Dans un autre, plus remarquable encore ici, et qui est du mois de novembre suivant, la Fontaine lui-même lève un enûmt sur les fonts : il n'était âgé que d'un peu plus de trois ans; c'est bien lui ce-
I. Voyez cette Fie, dans les OEuvres de Ualkerbt^ aux pages Lxxxi et Lxxxu du tome I*'.
a. Histoire de P Académie^ p. 3i5.