‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 240 sur 379 · F. ▼] LIVRE III · texte numérisé non relu

F. ▼] LIVRE III

« Si le ciel t'eût, dit-il, donné par excellence

Autant de jugement que de barbe au menton ', a 5

Tu n'aurois pas, à la légère.

Descendu dans ce puits. Or adieu : j'en suis hors ; Tàclie de t'en tirer, et fais tous tes efforts ;

Car pour moi, j'ai certaine affaire Qui ne me permet pas d'arrêter en chemin. » 3o

En toute chose il faut considérer la fin *.

ai insiiltes. Étant sorti du puits grâce au Bouc, il le plaisante, fait ta caricature, etc. t

5. Ce trait encore est emprunté à la fable grecque : El xwsa&xaçy cTxs, 9pivaç ixécn)90, Mooti h T(j> mh-^çtùii xp^x^» ^ T^ Haudeut tradsit ainsi :

S'antant de sens tu auoys en la teste Comme de poil as soubz gorge pendu.

6. L'affabulation, nous ne dirons pas la morale, est autre dans Phèdre (tcts i et a) :

Homo in perielum simul ac venit caUuluSy Reperire effugium alterius quterU malo.

aao FABLES. [r. ti

FABLE VI

L*ÀIGLE, LA LÀIB BT LA CHATTB.

Phèdre, Mwre II, fab. 4, jéquUa, Feles^ Jper, Mjrthologia msopiea Nepeleiif p. 411*

L'Aigle avoit ses petits au haut d'un arbre oreux,

La Laie au pied, la Chatte entre les deux, Et sans s'incommoder, moyennant ce partage, Mères et nourrissons faisoient leur tripotage. La Chatte détruisit par sa fourbe l'accord ^ ; 5

Elle grimpa chez l'Aigle, et lui dit : « Notre mort (Au moins de nos enfants, car c'est tout un aux mères)

Ne tardera possible* guères.

Voyez-vous à nos pieds fouir incessamment Cette maudite Laie, et creuser une mine? x«

C'est pour déraciner le chêne assurément, Et de nos nourrissons attirer la ruine : L'arbre tombant, ils seront dévorés;

Qu'ils s'en tiennent pour assurés.

S'il m'en restoit un seul, j'adoucirois ma plainte. » tS Au partir de ce lieu, qu'elle remplit de crainte,

La perfide descend tout droit A l'endroit

I» .... Fêles contubemium

Fraude et scelesta sic evertit malitia,

(PHiDBB, Ters 4^5*)

i. Possible, adTerbialement, dans le sens de peut^tre, fTéùii

TiiMge constant et bien constaté par Vangelas, Ménage, etc., 00 poor

rait être tenté de donner ici plus de force à ce mot, et d*entendre: cil

n'est pas possible qne notre mort tarde beaucoup. » Voyes le Ledfm,

r. Ti] LIVRE III. !i2i

Où la Laie étoit en gésine *.

« Ma bonne amie et ma voisine, ao

Lui dit-elle tout bas, je vous donne un avis : L'Aigle, si vous sortez, fondra sur vos petits*.

Obligez-moi de n'en rien dire :

Son courroux tomberoit sur moi. »

Dans cette autre famille ayant semé Tefiroi, % s

La Chatte en son trou se retire *.

L'Aigle n ose sortir, ni pourvoir aux besoins

De ses petits ; la Laie encore moins : 3pttes de ne pas voir que le plus grand des soins, Ge doit être celui d'éviter la famine •. 3 o

A demeurer chez soi l'une et l'autre s'obstine, Pour secourir les siens dedans l'occasion :

L'Oiseau royal, en cas de mine;

La Laie, en cas d'irruption''.

La faim détruisit tout; il ne resta personne 35

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