‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 249 sur 379 · LB LOUP ET LA CIGOGNE · texte numérisé non relu

LB LOUP ET LA CIGOGNE

Ésope, ùh. i44, At&xoç xol Tipocvoc (Coraj, p. 85, toos trois fonncs; et p. i4s). — Bahrius, fab. 94, Auxoc xal 'Epcfidi^c. — Aphthoaiiu, fab. 2S, Fabtda Lupi^ monens ne improbis Sêttefiat, — Phèdre, Irnt I, fab. 8, Lupus et Gntu. — Faëme, fab. 56, Lupus et Grus» — Marte de France, fab. 7, dou Leu et Je la Grue ii li osta Cos de ia goule, — > Haudent, f* partie, fab. 117, d*un Loup et eTun Grujrau. <*- Gorrozet, fab. 6, du Loup et de la Grue. — Le Noble, &b. 8, du Loup ei de la Grue, V ingratitude des grands,

Mfthologia suopica HepeUti^ p. 306, p. 34i, p. 377, p. 894, p« 49i' A oette fable se ratuche le proverbe que rapporte Zénobios (iu« centurie, n« 48) : h. X6xou aT6|xortoç, t de la gueule du loup. • — Elle est représentée sur le tympan du portail Saint-Ursin de la cathédrale de Bourges (voyez M. Éd. du Méril, Poésies imédUes du mùren dge^ p. i56). — • Rollin apprécie dans son Traité des études (livre I, chapitre ni) la fable de Phèdre, si élégante dans sa brièveté, et a détaille les beautés, — Lesaing termine fort spiritoeUement par le souvenir de l'aventure du Loup avec la Grue la fable iv de soa livre II. Le Loup, au lit de mort, se vante de quelques actes de bonté, d'avoir épargné un agneau, puis une brebis, t Oui, s'écrie le Renard, j'en puis rendre témoignage. C'était tout juste au temps où tu avais dans le gosier cet os que la Grue en tira. > — Bochard, dsot la a« partie de son Hierozoicon (livre I , chapitre xii), rapporte une fable hébraïque, sur le même sujet, où le Lion remplace le Loup, et un certain oiseau d'Egypte, au long bec, la Grue ou Cigogne (cbcx Babrius, c'est le Héron). — Jacques Grimm, au chapitre xm de soa introduction à Reinkart Fuc/u (p. gglxxxi), trouve un grand rtppo^ entre cette mise en scène du Loup et d'un oiseau, et le conte ég3rpM du Tpo^rXof (en qui on a cru reconnaître le petit pluvier à collier], enlevant avec son beo , de la gueule du crocodile, les sangsues, m

I . Cicogne est l'orthographe de toutes les anciennes éditions : voyei l>lus haut, livre I, fable xviir, p. 11a.

F. ix} LIVRE III.

plufô' , si nous en croyons Geoffroj-Saiiit-HiUiire, les cousins qui la Upissent. Élîen (delà Nature des animauSyXÏJve m, chapitre xi*) parait aToir été frappé de ce même rapport : c le Crocodile croit, dit-il, aToir payé Toiseaa en ne lui faisant pas de mal.i Grimm indique ensuite y d*après une légende traduite du pâli et insérée dans l'ou- ▼rage de la Loubère intitulé du Royaume de Siam (tome II, p. a5 et a6, Paris, 1691)9 1'^ tournure que la fable a prise dans Tlnde : Som- «oDa-Codom, o'est-à-dire Gautama, dont Pâme, par suite de la transnigration, est entrée dans le corps d'un grand oiseau à grands pieds, retire un os du gosier d'un Râkshasa ou démon, qui montre la même ingratitude que le Loup dans notre fable. Voyez VEstai de M. Wagener (p. 49 ^ ^» et de plus p. 117, où la légende bouddhique est citée) ; Toyexen outre au tome III (p. 35o et 35i) des Études indiennes de M. Weber, qui croit pouvoir affirmer, et selon nous avec raison, que le conte indien n*est point original, mais venu de l'Occident.

Les loups mangent gloutonnement'.

Un Loup donc étant de (rairie ^ Se pressa, dit-on, tellement Qu'il en pensa perdre la vie :

Un os lui demeura bien ayant au gosier '. 5

a. Voyez en outre Hérodote, livre II, cbapitre Lxvm; Aristote, Histoire des animaux^ livre DC, chapitre vn ; et Geoffroy-Saint-Hilaire dans la Description de V Egypte {Histoire naturelle^ tome I, in-f^, p. i98-ao5).

3. Le fabuliste du quatorzième siècle (Ysopet /, f^* 37 et 38), cité par Robert, commence à peu près de la même manière, mais en n'appliquant qu'au Loup de cette fable ce que la Fontaine dit des loa|M en général :

lÀ Loups manga trop gloutement, Si fust malades durement.

4. Tenue familier, partie de divertissement et de bonne ebère.

5. Le second des vieux fabulistes cités par Robert (Ysopet II) emploie ici un de ces mots expressifs, que la langue d'aujotûrd*hui peut envier k celle d'autrefois :

Un Leu....

S*enossa, par mesauenture.

De l'os d une chieure moult dure.

Quant enossé fut, etc.

i3o FABLES. [f. ix

De bonheur pour ce Loup, qui ne pouvoit crier *,

Près de là passe'' une Cîcogne.

Il lui fait signe; elle accourt.

Voilà Topératrice^ aussitôt en besogne.

Elle retira Fos; puis, pour un si bon tour, it

Elle demanda son salaire.

« Votre salaire? dit le Loup :

Vous riez, ma bonne conmière !

Quoi ? ce n'est pas encor beaucoup D'avoir de mon go»er retiré votre cou • ? 1 5

Allez, vous êtes une ingrate*® :

Ne tombez jamais sous ma patte. »

6. Ce trait û naturel est ane heureuse addition de notre aatoir. Dans la fable ésopique et dans celle de Phèdre, le Loup implore tout le monde, promet une récompense.

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