‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 251 sur 379 · Le Lion dit : c Ghex tous · texte numérisé non relu

Le Lion dit : c Ghex tous

Sont peintres et sculpteurs; il n'en est point chez nous. > (BxNSKRADB, qmmirom ux.) — On peut aussi rapprocher de cette réponse du Lion cette phfiM de la Brujère, tirée du dernier alinéa de son chapitre du Jm^mtt^ (édition de 1696, p. 497) : < Petits hommes,... c*est.... une ohote plaisante que tous donniez aux animaux vos confrères ce qall y ' de pire, pour prendre pour tous ce qu'il y a de meilleur : laisfOrki un peu se définir eux-mêmes, et tous Terrez comme ils s^oublicrosti et comme tous serez traités. •

xi] LIVRE III. a33

FABLE XL

LB RBNÀRD BT LES RAISINS.

Ésope, fab. i56, !4X(&]cy)Ç xa\ Bdrpuc, 'AXc&7ci)Ç xa\ B6tpu6c (Coraj, p. 94» p. 348). — Babrins, fab. 19, Bdrpuç xa\ ^Mkxùjo/i, — Phèdre, Hti* IV, fab. 3, Fulpis et Uva. — Romiilaf, livre IV, fab. i, rulpis et Uva. — Faêrne , fab. 19, Fulpes et Uva. — Haadent , %• partie , £ib. 37, itun aultre Regnard, — Le Noble, fab. 60, eu Renard et des RcDu'ms, La dissimulation, — M. Éd. du Méril (Poésies inédites du mojren dge^ p. 141) cite \e% vers suivants extraits du Roman é^Àmis et AmUs (édition de M. Conrad Hofmann, vers 571 et suivants) :

De la Gourpille (du Renard) voz doit bien raniembrer Qui siet soz Taubre et vueult amont baper, Voit les celises et le fruit méurer; Elle n*en gouste qu'elle n*i peut monter.

En outre, il donne la fable en latin, sous deux autres formes, dont Tune est tirée de la iv« des lettres attribuées à Abailard (p. a48). Dans oelle-ci les oerises' sont également substituées aux raisins; ailleurs, comme on le verra plus bas, il s'agit de mûres.

àtythologia ms4^iea Nepeleti, p. 319, p. 363, p. 4^g.

Ce aujeC, que notre auteur a traité en huit vers, Phèdre en six, est devenu diez le Noble une très-flasque amplification de quatre-vingtneuf vers. — Dans une fable indienne, inspirée très-probablement par la fable ésopique, le Renard devient un Lion, la Vigne un Manguier, et l'action a une suite : le Corbeau vient manger les fruits auxquels le Lion n'a pu atteindre (voyez le Pantchatantra méridional, traduit par l'abbé Dubois, p. 65). Lessing, dans sa fable xxi du livre II, la Grappe de raisin^ continue, lui aussi, l'action, comme fait souvent, et eu tire une tout autre et fort piquante moralité. Un Moineau a entendu l'exclamation du Renard, c Cette grappe, dit-il, serait aigre? elle n'en a pas l'air. » Il la goûte, la trouve si douce qu'il appelle cent de ses frères, qui tous aussi la goûtent et la mettent bientôt en un tel état que jamais depuis Renard n'en put avoir envie, c Je connais un poêle, dit l'auteur, k qui l'admiration bruyante de

ii34 FABLES. [r. xi

•et chéti£i imitateurs a fidt bien plot de tort que TeiiTieiix dédain de ges critiqaet. i — Dans la Saiire Méidppée (édition de i594, p. 8g}y la Harangue du recteur JHoxe^ déjà citée aa sujet de la fid>le m du liTre I, contient cette allusion, oh les raisins sont diangés en mÂits : c Monsieur le Lieutenant,... tous anez la tête assez grosse pour porter une couronne; mais quoi? tous dictes que n'en Tonks pobt, et qu'elle tous chargeroit trop. Les politiques disent qu'ainsi ditoit le Regnard des meures, i

Certain Renard gascon, d'autres disent normand \

Mourant presque de faim *, vit au haut d*nne treille Des Raisins mûrs apparemment *, Et couverts d'une peau vermeille*.

Le galand en eût fait volontiers un repas; s

Mais comme il n'y pouvoit atteindre :

« Us sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats*. »

Fit-il pas mieux que de se plaindre?

I . f Cette incertitude, ce doute où la Fontaine s'enrdoppe STce l'apparence naîTe de la bonne foi Historique, est bien plaisante et d'un goàt exquis. • (CuAitroaT.)

s. Famé eoacta Vulpis^ dit Phèdre (Ters x); ehex le Noble, le Renard est c rempli d'une Tolaille ; » les raisins seraient son dessert.

3. ApparemmaU^ d'une manière apparente, à en juger par rappsrence, à les voir; mûrs apparemment ^ paraissant mûrs. * 4- Cest l'épithète de Babrins (vers 4) : ^ropfup^c.... &pi)(.

5. Voltaire, dans son Catalogue des écripains du siècle de Loms Xlf {OF.uvres^ tome XIX, p. 1 29), cite, avec dédain plutôt qu'avec esdiae, ce vers c devenu proverbe, > dit-il. On peut voir dans le livre de M. Taine, p. 3oo , une remarque d'une intention toute diffêrettte,à l'occasion du mot goujat; et p. io5, celle que lui suggère le carsetère du Renard. — An moyen de deux noms grecs, dont l'un désigne les raisins Terts, l'autre les raisins mars, Babrins tennine la &Ue avec la plus élégante précision :

Googk

*. XII] LIVRE ni. a35

FABLE XII

LE CYGNE ET LE CUlSIIflER.

Étope, &b. 74» KiSxvo^ (Coray, p. 44)* " Aphthonins, hh, i, Fa- Ma Anseris et Cycni^ adhorUmt eosdem (adoletoentet) ad facundiam. — Faême, hUb. iS, Cygnus et Amser* — Handent, i^* partie, fab. $7, J^mm riche Homme , d*im Ojrson et ^un Cîgne, — Boorsanlt, les Fables J^ Ésope ^ acte IV, scène rr, le Cuisinier et le Cygne,

Mythologia msopica Nepeleti^ p. 1 5 1, p. 333.

Dans une ménagerie

De volatiles remplie

Vîvoient le Cygne et l'Oison :

Celoi-là destiné pour les regards du maître^ ; Celui-ci, pour son goût : Fun qui se piquoit d'être 5

Commensal du jardin; l'autre, de la maison. Des fossés du château faisant leurs galeries *, Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur Tonde, et tantôt se plonger, Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies '• 10

I. Dans Icf fiJ>let grecques et dans celle de Faëme, le commencement est plus étroitement rattaché à la fin. Ce n*est pas pour les regards du maître , c*est comme musicien qu*on élère le Cygne.

Duo/ opima cors aUbat alites^

Cygmtm Jnseremgue eandidum^ Ut ilie dulee ferret aurihus melos,

At hie obesa viseera Gulm exhiberet;,. (Fabbhb, vers i-5.)

9. Faire ses galeries d*an lieu, c'est le fréquenter habituellement, s'y promener souvent,

3. Ces Tcrs rappellent ce beau passage de Virgile (Géorgî^uês, lÎTre I, vers 383 et suivants) :

Jam parias pelagi polucres^ et qim Asia eircum

a36 FABLES. [F. m

Un jour le Cuisinier, ayant trop ba d*an coup. Prit pour oison le Cygne * ; et le tenant au cou, U alloit VégoTgeT, puis le mettre en potage. L*oiseau, prêt à * mourir, se plaint en son ramage*.

Le Cuisinier fut fort surpris , 1 5

Et vit bien qu'il s'étoit mépris.

« Quoi? je mettrois, dit-il, un tel chanteur'' en soupe!

Dtddbiu in stagnis nmenturprmta Caystri^ Certattm largos humeris infundere rorts^ Nune caput ohjectare fretît^ mmc currere m undas^ Et studio imcassum videos gestire lapondL

4. Dans les fables greccpes, le Caisînier se trompe parce qa*il fait Duity et non, comme ici et comme chez Bonrsault, pour ardr trop bu, ce qui s'accorde peut-^tre moins arec les paroles de pitié et de goût délicat qu'il dira tout à Theure.

5. Telle est la leçon des éditions originales. L'édition de Didot, i8oa, in-fo, celle de Barbon, 1806, celle de Renouard, 181 1, ont en tort d'y wahttàtatr près de.

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