On a rapproché de ce passage les beaux vers de Lucrèce
Jfee poterat quemquam plaeidi pellacia ponti
Suhaola pellicere im fraudem ndeutibus uudis^ (De reruM Natura, livre V, vers looa et ioo3 ; comparez le rers S60 du livre II.) »- La fable grecque (147) peint d'une manière expressive la séduction de la mer : StXcdiCouaa xohç Mç^inoç t^ xpoRkijTi
7. Cesl une rariante du vieux proreriie familier, que nous trooverons un peu plus loin, sous sa forme la plus ordinaire, dans la fable m du livre V (vers 94) :
Un Tiens vaut, ce dit-on, mieux que deux Tu l'auras.
Googk
F. Il] LIVRE IV. 269
Qu'il se faut contenter de sa condition; Qa^aux conseils de la mer et de l'ambition *
Nous devons fermer les oreilles.
Pour un qui s'en louera, dix mille s'en plaindront.
La mer promet monts et merveilles : 3o
Fiez-vous-y ; les vents et les voleurs* viendront.
8. c ExpressioD trèt-noble et rapprochement trèt-heureux qui réveille dans l'esprit du lecteur Tidée de naufrage pour le marin et pour Tambitieux. » (Chamfort.)
9. Les Toleors maritimes, les pirates. — La morale de Tapologue grec qnî est la source première de odui-ci est pins courte et plus générale. Elle joue sur les mots jcaOï^jAorca, c souffrances, » et paO^- (lOTtt, c leçons : » Ta itoA^^jKta xwç MpiÙKotç (Aa0i{{MtTa Y(>MTai.
^70 FABLES. [r. m
FABLE III
LA MOUCHB BT LA FOUABU.
Phèdre, \rm IV, hh. a3, Formica et Musca. — Romains, livre D, fab. i8, Formica et Musca. — Marie de France, fab. SSy de k Mosche et ttime Eé (Abeille). »- Haudent, i*^ partie, &b. 141, ^amt Mouche et ^un Fourmy» — Gorrozet, fab. 3o, de la Mouseke et de k Formis. — Le Noble, conte 6Zf de ia Mouche et de la Fourmi, Ictujet fUUle.
Mftkologia mtûpiea Nevdeti^ p. 441, p* 5ii.
Cette ûJile a été reproduite dans le Recueil de poésies ekrétienmes et diverses, tome HI, p. 365 (par errear, ponr p. 369). — Nous en aToas m nn manuscrit dans la collection d*aatographes de M. Bontroa- Gharlard. Ce mannsorit, composé de deax feoiUefs de petit fonnat, porte, an rerso du second, les lignes stûrantes, qni semblent adressées à Blaooroix : c II Ceiat que tu ayes oublié quelque chose dans la copie, car ce qni est an crayon ne s'y rapporte pas ; du reste f ay corrigé cela et je t'euToye une autre copie. J'ayme mieux que ta me recueines le tout. J*ay un conte à te £ubre. Adieu.
DB lA FoncAinL >
Dans la ùhle de Marie de France, la Fourmi est remplacée psr l'Abeille, autre béte ménagère ; le sujet du reste est le même. — Le conte de le Noble, comme lui-même l'appelle, est fort curieux. Noos le donnons à V Appendice* Il Ta tiré, dit-il , des archiTCS du pidement d'Angleterre. Sa Mouche est
Fille d'un mylord duc séant parmi les pairs....
£lle traitoit de haut en bas
Certaine Fourmi roturière.
Qui dans la chambre basse alloit son petit pas.
Dans la querelle, il est question de la révolution de 1688 (c'est neuf ans après, en 1697, que le Noble a publié ses Contes et Fehles], da pouvoir prépondérant de la chambre des communes, qui fait et défait les rois, etc. — Pour M. Taine (p. ii5 et 116), la Mouche eH
F. m] LIVRB IV. 271
nn gentilhoiiiiiie qui c -rit dans les antichambres, les salons, les ruelles; » c*est on des marquis petits-matcres de Molière, son Acaste, par exemple (▼oyez le Misanthrope^ acte III , scène i) ; la Fourmi (p. i43 et x44) ^^ * l'animal bourgeois par excellence..., d*on esprit net, ferme et pratique, qui raisonne ayec autant de précision qn*il calcule, railleur comme un homme d*afTaires, incisif comme un aroeat. > Voyez ci-«près les notes 5, 14, i5 et 17. — On «ttnnmh V Éloge de la Mouche (Mu{a( tpul^(uov) attribué à Lucien ; il s^y trovre quelques traits qu'on peut rapprocher de certains passages de la fable. Le célèbre traducteur allemand de Lucien, Wieland, suppose que ce morceau est une de ces improirisations si fort à la mode au temps de Lucien et où les sophistes les plus célèbres se piquaient d'exceller : Toyez le tome VI de sa traduction, p. 461 (Leipzig, 1789).
La Mouche et la Fourmi contestoient de leur prix ' •
« O Jupiter ! dit la première, Faut-il que Tamour-propre aveugle les esprits
D'une si terrible manière,
Qu'un vil et rampant animal 5
A la fille de l'air ose se dire égal * !