‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 267 sur 379 · Tu es reclus en ta teniere · texte numérisé non relu

Tu es reclus en ta teniere

Moy, ie vole comme legiere,

dît la Mouche de la yieiile foble {Ytopet /, f» 41.43}. Celle de le Noble appelle la Fourmi

Vil insecte rampant que la terre a romi ;

et elle dit d'elle-même :

.... Moi que le soleil, par un sort glorieux. Du feu de ses rayons a voulu faire naitre.

— c La mouche est un animal qu'il est bien aisé à la poésie d'anoblir. M. de la Fontaine Ta (ait en l'appelant fille de Pair, Homère a em* bdli divers endroits de son poëme de plusieurs comparaisons tontes empruntées de la moudie, et les anciens l'en ont loué. » (Mmb DaciSA, r Iliade d'Homère, tome III, p. 45i, note 48. Paris, 171 1.)

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!k72 FABLIS. [f. m

Je hante les palais, je m'assieds à ta table * :

Si Ton t'immole un bœuf, j'en goûte devant toi ^ ;

Pendant que celle-ci, chétive et misérable,

Vit trois jours d'un fétu qu'elle a traîné chez soi. lo

Mais, ma mignonne, dites-moi.

Vous campez- vous jamais sur la tête d'un roi,

D'un empereur, ou d'une belle?

Je le &is*, et je baise un beau sein quand je veux ^ ;

Je me joue entre des cheveux; 1 5

Je rehausse d'un teint la blancheur naturelle;

3. Le Recueil de poésiet chrétiennes et diverses donne : c Je mu- •ieds à table. • (Test sani ancan doute une faute d'impression.

4. Avant toi; Toyez plus bas, rers 14, la manière dont la Founai interprète cette vanterie ; c'est d'ailleurs la traduction de ce qne dk la Mouche dans la foble de Phèdre (yers 4) :

Ubi immolaiur^ esta prmgusto Deûm,

Le sens que depant toi aurait aujourd'hui , à savoir em ta présmce^ conyiendrait également à la vanité de la Moudie; aussi a^-il été adopté par quelques commentateurs, mais à tort éyidemment. — Cette idée, d'aToir les prémices, se trouYC aussi dans Lucien (édition Lehmann, tome VH, p. 3 18) : c Elle goûte {les met^ avant les rois eux-mêmes, s ^aoiXitûv oc5t6W Tcpo^e^Tai*

5» M capite régis sedeo, tjuum visum est mihi ,

Et matronarum easta delibo oseula, (Phàdre, tcts 6 et 7.)

— Marie de France (vers 6) reproduit ainsi la première de ces deux vanteries :

Deseur (dessus^ sur) le Roy pooit seoir ;

Ysopet If la seconde :

Baise la Roy ne en la bouche, Quant ie tcuIz, on nex 00 on firont.

— Lucien, parlant des piqûres de la Mouche (p. 319), a un mot noa moins élégant que le deliio de Phèdre : xa\ -nû xîXXouç Tt ixsM» (etai. -— c Acaste, qui est fort aimé du beau sexe, parle plus discrètement {(jue la Mouche), mais au fond insinue qu'il a le méflM prÎTilége. Les cœurs de haut prix ne lui manquent pas; encore firat-il qu'ib fassent /« moî/i^ des apances, » (M. Tàihb, p. 11 5.) Voyes la scène i, déjà citée, du III* acte du Misanthrope,

f. lu] LIVRE IV, ' 173

Et la dernière main que met à sa beauté

Une femme allant en conquête, C'est un ajustement des mouches emprunté *.

Puis allez-moi rompre la tète a u

De vos greniers ' ! — Avez-vous dit?

Lui répliqua la ménagère'.

Vous hantez les palais; mais on vous y maudit '.

£t quant à goûter la première

De ce qu'on sert devant les Dieux, a 5

Croyez-vous qu'il en vaille mieux?

Si vous entrez partout, aussi font'° les profanes.

6. c Mouclu^ dit Furetière (1690), est an petit moroeau de taffeUs 00 de Teloort noir, que les dames mettent snr leur TÎsage par ornement ou ponr faire paroître leur teint plus blanc... Les moucbes taillées en long s'appellent des assassin*. » — Aux mots c petit morceau de taffetas, » M. Littré ajoute : f de la grandear dVnTiron l'aile d'ane moache, « ce qni peut serrir k expliquer Thémistiche : « des mouches emprunté, » qui, du reste, s'explique aussi par la couleur même : royez le rers 33. *- M. le marquis de Laborde , dans son ourrage intitulé le Palais Matarin (p« 3 1 8), cite, comme offrant la première mention des c moucbes de tcIouts et de taffetas », le Testament de Cljante^ pièce galante composée Tcrs i655 et imprimée en i658. Pais il extrait d'une autre pièce, dont le titre est la Faiseuse de momekes, des Ters qui montrent qu'en 1660 cette mode avait pris son entier développement.

7. Geruxez rapproche spirituellement le discours de la Mouche de cdui du Chêne dans la fable xxii du I*' livre.

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