‹ Œuvres de J. de La FontaineChapitre 318 sur 379 · ORSILLB8 DU LIÂVRS · texte numérisé non relu

ORSILLB8 DU LIÂVRS

Faëme, fab. 97, Vulpêt et Sîndus.

Le tojet de la fable de Faërae est an fond le même qae celai de la Fontaine; mais let personnages et les détails dîff<krent : les animaux sans queue {honore eauJm qum carerent) ayant été bannis par le Lion, le Renard se hAte de partir arec eux. Le Sbge loi représente naÎTement qa*il a pins de queue qn*il n*en faut (iantum eaudm, ut #11perforet)^ et qa*il n*a rien à craindre, f Oui, mab si le Lion yent dire qne je n*ai pas de queue, qui osera le contredire? Qui même osera Toir que j'ai une qneoe? i — Le poète persan Sadi, dans GulUtan, ou l'Empire des RoteSy dont la Fontaine a pu lire la traduction par André du Ryer (Paris, i634), tire d'une autre allégorie encore on semblable enseignement (chapitre i, p. 53) : c On Tit le Renard un jour qu'il fujoit tout effarouché. Interrogé de la cause de sa peur, il répondit qu'il aToit oui dire qu'on prenoit tons les mulets et chameaux pour porter l'équipage du Roi qui alloit à la guerre, c O fol et ignoc tant, lui dit-on, qu'as-tu afbire ayeo les mulets et les chameaux? c en quoi les ressembles-tu? — Tais-toi, répondit-il; si quelque c enyieux rient, et dit : FoUà un chameau^ prenons-le; qui me rienc dra délivrer? et qui aura soin de moi? Je serai chargé avant que < mes raisons soient entendues. > G^tte fable se trouve à la page Sy dans la traduction de M. Defrémery, que nous avons déjà eu l'occasion de citer; le traducteur la rapproche de la fable du Renard et le Chacal f racontée par le chef mongol Nevrouz, dans V Histoire des Mongols du baron C. d'Obsson (livre VI, chapitre n, tome IV, p. 48}. — M. Saint-Marc Girardin, après avoir cité en entier avec éloge et traduit la £sble de Faëme, dans sa yni« leçon (tome I, p. aSo et i3i}, ajoute cette réflexion trop vraie et trop frappante : c Juste défiance de la justice ici-bas, quand il n'y a pas d'autre loi que la volonté du despote. Vous êtes innocent, je le sais bien, et tous n'avez ni oonsfuré ni comploté ; mais si le maître tous soupçonne d'être un conspirateur, qui osera dire que vous êtes innocent? Vous arei peut-être plus

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de vertu qa*il n^en faut pour être un saint ; tous n*en avex pat asm pour ne pas être un accusé, t

Un animal cornu ^ blessa de quelques coups

Le Lion, qui plein de courroux,

Pour ne plus tomber en la peine,

Bannit des lieux de son domaine * Toute béte portant des cornes à son iront. i

Chèvres, Béliers, Taureaux aussitôt délogèrent ;

Daims et Cerfs de climat changèrent :

Chacun à s'en aller fut prompt.

Un Lièvre, apercevant Fombre de ses oreilles.

Craignit que quelque inquisiteur 1 0

PTallftt interpréter à cornes leur longueur, Ne les soutînt en tout à des cornes pareilles. « Adieu, voisin Grillon, dit-il; je pars d'ici : Mes oreilles enfin seroient cornes aussi; Et quand je les aurois plus courtes qu'une autruche', 1 5 Je craindrois même encor^. » Le Grillon repartit :

I . M. Saint-Marc Girardin se souTient des deux prenaiert Ten de cette fable dans un très-joli passage de sa m* leçon (tome II, p. 68), dont nous ayons parlé au sajet de la fabU xin du li^re IV et qa'oa trouvera ci-aprèt dans V Appendice de notre tome I. U Toît dans la béte cornue qui s*est fait une affaire avec le Lion quelque c animal hardi et fier, t et qui c porte haut la tête, » le Cerf par exemple.

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