I. La Fomiûme et tu fahles, p. %y et a
€xz NOTICE BIOGRAPHIQUE
toutefois trèt-sigmficative, que nous ne croyons pas qa'oa ait pu inventer, celle des prétendues paroles de rEcriture: Tanguant formicm deambulabitis coram rege pestro*^ par lesquelles Racine un jour s'amusa à imposer silence à notre poète, dans une discussion qui s'ëtait ëlevëe entre eux sur Tautoritë absolue des rois. En vain Racine avait-îl allëguë les pouvoirs donnés de Dieu à Saûl. La Fontaine refusait de Yoir dans cet exemple la consécration du despotisme : a Si les rob, disait-3, sont mattres de nos biens, de nos vies et de tout, il ûiut qu'ils aient droit de nous regarder comme des fourmis à leur ^ard, ^ je me rends si vous me faites voir que cela scMt autorisé par l'Écriture. » Le malin Racine s'empara aussitôt de la comparaison des fourmis pour fabriquer son ùlwl texte et fermer ainsi la bouche au naif contradicteur ^ La scène n'est pu seulem^t amusante; elle fait lûen voir que la Fontaine, lorsqu'il puisait pour le maître dans son magasin d'encens, gardait ses pensées de derrière la téu.
Les cinq livres de fables furent présentés par la Fontaine au Roi, avec ré{nlogue qui le célébrait, comme l'avaient âé, il y avait dix ans, les Amours de Psyché. Reçu à la cour du lion, le poète, après avoir débité son compliment, reçut de lui un bon accueil et des marques de libéralité. Il s'était aperçu cependant, sa harangue finie, d'une petite distraction : il avait oublié le volume qu'il venait ofiErir' ; on ajoute qu'ensuite il oublia aussi sous le coussin de la voiture, qui le ramenait dies lui, la bourse pleine d'or que le Roi lui avait Êiit remettre^ : deux étourderies dont n'auraient pas été capables de vésntables courtisans.
On s'est quelquefois étonné que Louis XIY, protecteur si déclaré de Molière, de Racine et de Boileau, ait toujours paru médiocrement favorable à la Fontaine. Voltaire a son explication : « Vous me demandez, dit-il, pourquoi Louis XIY ne