I. « Vous marcherex comme des fourmis derant votre roi. a
s. Rieréathns littéraires^ de Cizeron-RiTal (176$), p. m.
3. Fables choisies de la Fontaine^ note i$ d*Adrj, sur la Fie de
la Fomtaiite, p. xxm. — Adry arertit qu'il arait tiré cette note des
manuscrits du président Bouhier.
• Walckenaer, tome I, p. 290.
SUR LA FONTAINE. oxxi
il pas tomber ses biaiMts sur la Fontaine.... Je vous r^)OD« drai d'abord qu'il ne goûtait pas assez le genre dans lequel ce conteur charmant excella. U traitait les fables de la Fontaine comme les tableaux de Teniers, dont il ne voulait voir aucun dans ses appartements. H n'aimait le petit en aucun genre, quoiqu'il eût dans l'esprit autant de délicatesse que de grandeur^. » On ccHDprend que la familiarité populaire du pmntre flamand, quelque habile et spirituel que fût son pinceau, ait paru an grand Roi déplacée et choquante au milieu des nobles splendeurs de Versailles; mais se peut-il que les fables de la Fontaine, avec leur suprême élégance, aient jamais produit sur M le même effet que les Magots de Teniers ? Il n'aimait pas le petit : qu'y a-t-il donc de petit dans ces charmants poèmes, à moins qu'au lieu d'en peser l'or pur, on n'en mesure l'étendue ? Nous en croirions plutôt Voltaire, quand il ajoute : « la Fontune était d'un caractère à ne se pas présenter à la cour de ce monarque. Ses distractions continuelles, son extrême simplicité W^ooissaîent ses amis, et n'auraient pu plaire à un homme tel que Louis XIV'. » Si ce furent cependant certaines œuvres du poêle, plutôt encore que sa personne, qui n'agréèrent pas an Rûî, ù fimt sans doute penser aux contes. Loi^ XIV n'avait gnère le droit d'être rigoriste; mais, quoique Molière ait eu Fheur de lui rendre agréables bien des plaisanteries salées, il pouvait déplaire au héros de V Histoire amoureuse des Gaules qne ks galanteries, toujours élégantes chez lui, fussent traduites en gaietés gauloises. Du gaulois tout lui était antipatfaique, même la vieille langue. Racine proposant, dit son fils', de lui lire dans Amyot une des Fies de Plutarque, il répondit : « Cest du gaulois, » et l'habile récitateur dut traduire en lisant. Il est donc vraisemblable que, chez notre poète,
I. OEu^rgi ie VoUalre (édition Beuchot), tomeXLVIIl, p. V]iy Lettre de M, de la Fuelède à Monsieur le secrétaire perpétuel de CAcoidemie de Pau (1776).
a. Ibidem, — Voltaire, au chapitre xxxii du Siècle de Louis XI F ^ tome XX, p. Sai, 8*en tient à cette seconde explication : oc Tous ces gnmds hommes furent connus et protégés de Louis XFV, excepté U Fontaine. Son extrême simplicité, poussée jusqu'à Toubli de toi-même, i'écartait d'une cour qu'il ne cherchait pas. »