‹ Œuvres de J. Delille (volume 3)Chapitre 23 sur 36 · CINQUIÈME TABLEAU · texte numérisé non relu

CINQUIÈME TABLEAU

Haud procul inde citae Metium in diversa quadriga' Distulerant, etc.

Ailleurs , de Métius c'étoit l'affreux supplice. Pour punir son forfait et son lâche artifice, A deux chars attelés quatre fougueux chevaux De ses membres rompus emportoient les lambeaux: Son sang au loin rougit les ronces dégouttantes.

Le poëte ne laisse lien à désirer ici, pour le tableau en général : une difficulté se présente néanmoins. Le mot quadrùjœ peut signifier des chars attelés de quatre chevaux, et quelquefois aussi quatre chevaux sans char; et c'est dans ce dernier sens que l'ont pris tous ceux qui ont représenté le supplice de Métius. Tite-Live nous dit expressément que ce malheureux fut attaché à deux chars. Mais ce sont de ces circonstances sur lesquelles on peut, je crois, laisser à l'artiste toute sa liberté. Quant au rôle que le poëte fait jouer àTullus,

Raptabatque viri mendacis viscera TvJlus Per silvani, etc .

peut-être a-t-il voulu dire seulement qu'il avoit spécifié

le genre du supplice, et qu'il fut présent à Texécution. Je ne puis quitter ce tableau, sans faire remarquer avec quelle exactitude Tunité de temps s'y trouve observée. Déjà les chevaux avoient mis le coupable en pièces , distulcrant: ils traînent maintenant à leur suite ses membres déchirés; et les buissons voisins sont teints du sang de Métius. Les temps imparfaits , raptabat, rorabaiit, nous rendent spectateurs de la terrible exécution.

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