I II
(i) Si partont où j'ai mis, Je ne sais, la petite répond autrement 9 il faut 6^ délier de sa répoo4« ejt la Wi £im e;q>Uquef ayec
LA. PETITE
Elles deviennent mères.
LA: BONNE
Et les mères , que deviennent-elles ?
LA PETITE
Elles deviennent vieilles.
LA BONNE
Vous deviendrez, donc vieille ?
LA PETITE
Quand je serai mère.
LA BONNE
Et que deviennent les vieilles gens ?
LA PETITE
Je ne sais.
LA BONNE
Qu'est devenu votre grand-papa?
LA PETITE
Il est mort, (i)
LA BONNE
Et pourquoi est-il mort?
(i) La petite dira cela , parce qu'elle Ta entendu dire ; mais il faut vérifier si elle a quelque juste idée de la mort , car cette idée n*est pas si simple ni si à la portée des enfans que Ton pense. On peut Yoir , dans le petit poëme d^Ahel, un exemple de la manière dont on doit la leur donner (*). Ce charmant ouvrage respire une simplicité délicieuse dont on ne peut trop se nourrir pour converser avec les enfans.
(*) Voyez au second chant le récit d*Adam , «a moment où Ère Toit mourir on oUean.
LIVRÉ T. ayi
LA PETITE
Parce qu'il étoit vieux.
LA BOiriTE.
Que deviennent donc les vieilles gens ? '
LA PETITE
Ils meurent.
LA BONNE
Et vous, quand vous serez vieille, que
LA PETITE, V interrompant.
Oh ! ma bonne , je ne veux pas mourir.
LA BONNE
Mon enfant , personne ne veut mourir, et tout le monde meurt.
LA PETITE
Comment! est-ce que maman mourra aussi?
LA BONN
Comme tout le monde. Les femmes vieillissent ainsi que les hommes, et la vieillesse mène à la mort.
LA PETITE
Que faut-il foire pour vieillir bien tard?
LA BONNE
Vivre sagement tandis qu'on est jeune.
LA PETITE
Ma bonne , je serai toujours sage.
LA BONNE
Tant mieux pour vous. Mais enfin croyez-vou» de vivre toujours?
LA PETITE
Quand je serai bien vieille, bien vieille
âMILE«
LA. EOKNE.
Hé bien ?
LA PETITE
Enfin, quand on est si vieille^ vous dites. ({u'il faut bien mourir.
LA BONNE
Vous mourrez donc une (bis î
LA PETITE
Hélas! oui.
LA RONNE.
Qui est-ce qui vivoit avant vous?
LA PETITE
Mon père et ma mère.
LA aONNE.
Qui e$trce qui vivait avant eux?
LA PETITE
Leur père ^ lewr mère.
LA BlQirWE.
Qui est-ce qui vivra après vous ?
LAk petïte.
Mes enfans.
LA BONNE
Qui est-ce qui vivra après eux?
LA petite.
Leurs enfans , etc.
£n suivait cette route on trouve à la i^ee humaine, par des inductions sensibles, un commencement et une fin , comme à toutes choses , c'est-à-dire un père et uhq mère qui ^ont eu ni père ai mère.