‹ Œuvres de J. J. Rousseau, avec des notes historiquesChapitre 160 sur 233 · IX · texte numérisé non relu

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fmportante et la plus difficile de toute Téducation , savoir, la crise qui sert de passage de l'enfance à l'état d'homme. Si j'ai pu rendre ces essais utiles par quelque endroit, ce sera surtout pour m'y être étendu fort au long sur cette partie essentielle , omise par tous les autres , et pour ne m'étre point laissé rebuter dans cette entreprise par de fausses dé« licatesses , ni effrayer par des difEcultés de langue. Si j'ai dit ce qu'il faut faire , j'ai dit ce que j'ai dû dire : il m'importe fort peu d'avoir écrit un roman. C'est un assez beau roman que celui de la nature humaine. S'il ne se trouve que dans cet écrit, est-ce ma faute? Ce devroit être l'histoire de mon espèce. Vous qui la dépravez , c'est vous qui faites un roman de mon livre.

Une autre considération qui renforce la première est qu'il ne s'agit pas ici d'un jeune homme livré dès l'enfance à la crainte , à la convoitise , à l'envie , à l'orgueil et à toutes les passions qui servent d'instrument aux éducations communes; qu'il s'agit d'un jeune homme dont c'est ici non -seulement le premier amour, mais la première passion de toute espèce ; que de cette passion , l'unique peut-être qu'il sentira vivement dans toute sa vie , dépend la dernière forme que doit prendre son caractère. Ses manières de penser, ses sentimens, ses goûts, fixés par une passion durable , vont acquérir une consistance qui ne leur permettra plus de s'altérer.

On conçoit qu'entre Emile et moi la nuit qui suit

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