IX
» Vous régnerez long-temps par l'amour , si vous 3» rendez tos faveurs rares et précieuses , si vous y> savez les faire valoir. Youlez-^vous voir votre mari » sans cesse à Vos pieds , tenez-le toujours à quelque D distance de votre personne. Mais , dans votre sévé- » rite , mettez de la modestie , et non du caprice ; » qu'il vous voie réservée , et non pas fantasque : » gardez qu'en ménageant son amour vous ne le » fassiez douter du vôtre. Faites-vous chérir par vos » faveurs et respecter par vos refus ; qu'il honore la » chasteté, de sa femme sans avoir à se plaindre de » sa froideur.
» C'est amsi , num^ enfant , qu'il vous donnera sa » confiance , qu'il écoutera vos avis , qu'il vous con- )) sultera dans ses af&ires , et ne résoudra rien sans r> en déUbérer avec vous. C'est ainsi que vous pou- » vez le rappeler à la sagesse quand it s'égare , le » ramener par une douce persuasion , vous rendre D aimable pour vous rendre utile , employer la coy> quetterie aux intérêts de la vertu , et l'amour au » profiA de la raison.
» Ne croyez pas avec tout cela que cet art même » puisse vous servir toujours. Quelque précaution » qu'on puisse prendre , la jouissance use lea plai- » sirs , et Tamour avant tous les autres. Mais , quand » l'amiour a duré long-temps , une douce habitude » en remplit le vide , et l'attrait de la confiance suc- » cède aux transports de la passion, lies enfans fbr- » ment entre ceux qui leur ont donné l'être une