‹ Œuvres de J. RacineChapitre 101 sur 390 · Voyez la Notice biographique sur Jean Racine, p · texte numérisé non relu

Voyez la Notice biographique sur Jean Racine, p

chemin : ceux qui viennent de la bibliothèque de le Muistre sont reliés en veau brun. Quoique le tome annoté par Racine soit le IIIe de la Bible de Vitré, il faut écarter toute idée d’un volume destiné à remplacer celui qui, nous l'avons dit, manque à l’exemplaire de le Maistre; car celui-ci ne se trouve le III° que par suite de la division adoptée pour la reliure de cet exemplaire, et est réellement la première partie du tome II, contenant le livre de Josué, et celui des Juges, tandis que le tome III dont Racine s’est servi pour ses notes forme, dans cette même division, le V° volume, et contient les deux livres des Paralipomènes, les deux livres d’Esdras, les livres de Tobie, d’Esther et de Job.

Le Livre de Job est le seul que Racine ait annoté. Dans les autres on remarque seulemént des passages soulignés, soit an crayon, soit à la plume : ce qui montre qu’ils avaient aussi été lus attentivement. On ne remarque point une étude plus particulière du Livre d’'Esther : les endroïts marqués d’une accolade ou soulignés y sont même très-rares. Au livre II des Paralipomènes quelques noms sont indiqués à la marge: Ézéchias, Manassès, Josias, Joachaz, Joachin, Sédécias, ete. Les chapitres xx et xx de ce même livre, qui ont fourni à Racine le sujet d’Athalie, n’ont pas d’annotation.

Les notes marginales de Racine sur le Livre de Job, les unes en latin, les autres en français, sont tantôt des gloses, tantôt des sommaires, des paraphrases, des traductions.

Ce travail est très-souvent fondé sur le texte hébreu; mais 1l est facile de reconnaltre où a été puisée l’érudition qu’il suppose. Au bas de la page 561, Racine a écrit cette note sur le verset 26 du chapitre xix: « HeBr. Postquam circumdederint moc cute mea. Hoc; i. (id est) ce misérable corps. Circumdederint, 1. le Père, le Fils et le Saint-Esprit. Varas. » La note est en effet de Vatable, Cela nous a mis sur la trace des emprunts continuels que Racine a faits au docte commentaire qu’il avait sous les yeux; il s’est, en général, borné à en extraire ce qui lui a paru le plus instructif; et ses traductions, aussi bien que ses remarques, seraient presque inintelligibles, si on voulait les rapporter au texte seul de la Vulgate, qui est celui que donne la Bible de Vitré. La Bible dite de Vatable, dont Racine a fait usage, est celle que Robert Estienne a donnée en 1545 (2 vol. in-8°), celle que les théologiens catholiques avaient condamnée, L'édition donnée en 1557 par le même Robert Estienne, et celle de Commelin (2 vol. in-folio, 1599) ont, à côté de la V’ulgate, la traduction latine de Sante-Pagnino : or il est visible que Racine s’est servi de celle qui est connue sous le nom de Zurich; et c’est celle-là qui se trouve avec la Vulgate dans l'édition de 15451. Nous avons examiné aussi la Bible de Fatable publiée à Salamanque (2 vol. in-folio , 1584), qui a également la traduction de Zurich; mais nous avons trouvé que, parmi les notes de Racine, il y en a qui s’accordent bien mieux avec les notes de l'édition de 1545 qu'avec celles de l'édition de Salamanque, notamment la note sur le verset 24 du chapitre XV: « Comme on environne un homme qui va combattre en champ clos dans un tournoi. »

Les notes latines sont nombreuses dans cette étude de Racine. Il était d’au-

1. Dans cette traduction de Zurich, le Livre de Job a été traduit par Bibliander.

tant moins utile de les recueillir, que pour la plupart il les a copiées, avec une fidélité presque littérale, dans le commentaire de la Bible de 1545. Nous avons dû nous borner à la citation des notes françaises, dont un grand nombre sont des traductions ou des paraphrases de la version de Zurich. Nous indiquons au bas des pages les emprunts que Racine a faits à cette version, et ceux qu’il a faits au commentaire. Nous désignons ainsi le commentaire : Vat. (Fatable), et la version : Trad. Z (traduction de Zurich).

CHAPITRE n, verset 9. Tu n’as qu'à bénir Dieu, et tu mourras aussitôt !.

Cnaprrre 1v. Les amis de Job disputent contre lui, et prétendent lui prouver que Dieu l’afflige parce qu’il l’a offensé, étant persuadés, comme le vulgaire, que les afflictions ne doivent point tomber sur le juste?

— verset 9. [Spiritu iræ.] Au moindre souffle de sa colère3.

— versets 12 et suivants. Éliphaz prétend que Dieu lui a révélé que Job étoit un pécheur qui a mérité son malheur 4.

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