‹ Œuvres de J. RacineChapitre 156 sur 390 · Dans la comédie intitulée : Oecuopopiibousut · texte numérisé non relu

Dans la comédie intitulée : Oecuopopiibousut

Page 180. (Oütwe, où pèv aisypov — obvexx yapieolat.) IV. Honestum est amanti vilioribus operibus manum admovere. Ferendus non esset qui vel opum vel bonorum gratia ea faceret quæ amoris causa ab amantibus fiunt. — Na. Pravus et inhonestus amans est ille vulgaris qui corpus magis amat quam animam; ideoque, quum rem amet parum constantem, parum ipse constat. Contra qui virtutem amat, semper amat.

Page 181. (Oôrés êortv 6 ris odpavlas — à vüv D éyw.) Amor per omnia sese diffundit, et ab eo pendent artes omnes : Medicina, Musica, Poesis. Duplex amor ir Medicina qualis. In Poesi duplex amor designatur per Uraniam et Polyhymniam. N°. — N°. Caœlestis amor est viris honestis placere ; vulgaris autem, vulgo placere et multitudini. Prior est Urania, alter vero Polyhymnia.

Page 182. ("Ekeyov, té te Deux — Éteuve tobs dvÜpérous. ) L'Amour ordonne les saisons. — Les sacrifices sont un commerce entre Dieu et les hommes. — L'impiété vient de ce qu’on ne respecte pas l’Amour. — Tout amour est fort puissant soit en bien, ou en mal; mais le véritable nous approche des Dieux. — Discours du poëte Aristophane. Il invente une fable tout à fait comique, suivant son caractère. — L'Amour est le plus humain des Dieux. — Belle fable. Il y avoit autrefois trois genres d’hommes : l’homme, la femme et l’hermaphrodite. Quel étoit ce troisième. Le premier tenoit du soleil, le second de la terre, et le troisième de la lune. — Ces hommes voulurent attaquer les Dieux. — Jupiter les coupe en deux.

Page 183. (Alya, onep où tà à — ows pèv yxp na obro roÿtwv.) (En tête de la page.) Les hommes ne sont que des moitiés d'hommes. De là vient l'Amour. — Transports des amants. — (4 la marge.) Apollon les guérit (les hommes coupés en deux) et les reforme. Ceux qui étoient tout hommes recherchent les garçons; ceux qui étoient hommes et femmes aiment les femmes ; et celles qui étoient toutes femmes n’aiment que les femmes. — Apologie de l'amour des garçons. WN®. — Emportements des amants. Ils veulent ardemment, et ignorent ce qu’ils veulent. Si Vulcain leur disoit : « Je vous collerai inséparablement l’un à l’autre, » ils diroient que c’est là ce qu’ils demandent.

Page 184. (Tuyyévououv dvres — Ex TévTwuy 6pLoloyoupévus. ) Discours fleuri du poëte Agathon. — Aimer selon son inclination. — Socrate et Agathon étoient forts sur Pamour. — La grande attente des spectateurs trouble l'acteur. — Confiance d’Agathon. — Le poëte montoit sur le théâtre avec les comédiens. — Je ne suis pas si plein du théâtre que je ne sache que quelques sages sont plus à craindre qu’une foule d’ignorants. — Socrate dit qu’il est dans la foule. — Socrate ne cessera de vous interroger, étant beau

surtout. — Discours d’Agathon. Il est fleuri, plein d'épithètes élevés !, selon le caractère d’un poëte tragique, jeune et amoureux de la poésie. — L'Amour est jeune. — La vieillesse a des ailes. — L'Amour est délicat. — Il marche dans les cœurs, — Il est humide, i. (c'est-à-dire) flexible et accommodant.

Page 185. (‘Ouokoyouuéyws "Epos yet — rpodo#ôn vèe, Os.) (En tête de la page.) Épithètes de l'Amour. — Contre les Panésyriques. — (4 la marge.) 11 (/’Amour) aime la bienséance. — Il a le teint beau. — Il aime les fleurs. — Il est juste. Il ne souffre point de violence et n’en fait point. — Il est plus vaillant que Mars. — L'Amour est bon poëte. Tout amoureux veut faire des vers. — Il enseigne tous les arts. — Son empire est plus heureux que celui de la Nécessité. — Épithètes de l'Amour. — Son discours (le discours d'Agathon) étoit digne de lui et du dieu. — Socrate feint d’être extrêmement embarrassé. Je pensois sottement qu’il suffisoit de dire la vérité. Na. — I] faut louer à tort et à travers, pourvu qu’on loue.

Page 186. (’Eotrey Erux Exaotos Auüv — Ka où BÉV Ye Ad édow.) Lingua juravit, non mens. Euriplide]?. — Socrate ne peut louer. — Socrate parle de l'Amour en philosophe, et en interrogeant toujours. — L'Amour desire quelque chose qui lui manque. Le desir ne va point sans l'indigence. On desire ou pour le présent où pour l’avenir. L’Amour desire la beauté et la bonté : il n'a donc ni l’un ni l’autre. — On peut facilement contredire So crate, mais non pas la vérité, à <

Page 187. (Ty dà A6yov tb rep} roù "Epwtos — Éott yao à.) Socrate feint d’avoir été instruit par Diotime, prophétesse, de la nature de l'Amour, Il se fait interroger par elle. — I] y a quelque chose entre la science et l'ignorance : c’est de penser bien, sans en pouvoir rendre raison, — Il Y à un milieu entre le beau et le laid, — Entre le divin et l'humain : ce sont les démons ou anges. L’Amour est de cette nature. Nature DES AnGes. Ils entretiennent le commerce qui est entre les Dieux et les hommes. — Naissance de l’Amour. Il est fils de Porus (. l’'Abondance) et de la Pauvreté. — Il a toutes les qualités du père et de la mère. — Il n’est point délicat comme on le fait; au contraire laborieux. — Toujours riche, toujours pauvre. — Tout ce qu’il a lui coule des mains. — L’ignorance est de croire tout Savoir et de ne vouloir rien

apprendre. — Les philosophes sont entre les sages et les ignorants.

1. Racine fait ici encore le mot épithète du genre masculin, Voyez ci-dess Sus, p. 206, note r.

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