‹ Œuvres de J. RacineChapitre 161 sur 390 · Voilà les saints qui ne sont pas martyrs · texte numérisé non relu

Voilà les saints qui ne sont pas martyrs

3. Racine, comme à la page précédente, applique à la société moderne et chrétienne les pensées de Platon,

crate sur ce paradoxe. — Quels sont ces philosophes. — Adresse des amants à excuser les défauts de ce qu’ils aiment!.

Page 423. (Xdpuv. TE D, fiv D’ yo — etc Exetvo pôvov Blé.) Il en est de même de ceux qui aiment le vin et les honneurs. — Le philosophe aime toute la sagesse et non une partie, — Amateurs de musique. ils semblent avoir loué leurs oreilles aux musiciens. — Différence de celui qui aime le souverain beau, ou de celui qui

n’aime que des espèces du beau. L'un veille, l’autre songe. — Opi-

nion tient le milieu entre la science et l'ignorance. — (Au bas de la page.) Gens qui aiment le monde, oA6dokot ; gens qui aiment Dieu, gtA6copor. Les premiers aiment les fantômes, et les autres ce qui est. — Ainsi ceux qui n’aiment que les espèces du beau, du bon et du. juste, sont ot}6doëot, aimant les opinions; mais ceux qui aiment le beau même, le bon et le juste, sont ptA6sowot.

Page 424. (Fin du livre V.) (En tête de la page.) Science, opinion, ignorance : l’une, de ce qui est véritablement; l’autre, de ce qui est entre l'être et le néant; et l'ignorance est pour ce qui n’est pas.

— (4 la marge. ) Jeu d'atre : Vir non vir percusserat lapide non lapide, i. pumice, avem non avem, i. vespertilionem.

Livre VI, page 425. (OÙ pèv dn ouAdsogor — AE &po Yu y rats.) (En tête de la page.) Le philosophe n'aime que ce qui est toujours, et ne peut faire cas des choses qui passent et ne subsistent point. — (4 la marge.) Philosophes sont ceux qui s’attachent à ce qui est toujours le même. Les autres ceux qui errent après les choses qui changent. — Ces derniers incapables de bien gouverner. Îls n’ont aucun modèle fixe et assuré. — L'’amateur de la sagesse aime tout ce qui appartient à la sagesse; entre autres, la vérité. — Il embrasse tout ce qui est, tous les temps : peut-il donc compter la vie ou la mort pour quelque chose? — Il faut qu'il ait de la mémoire : sans cela pourroit-il aimer l’étude ?

Page 426. C Eee gthocbpots — êdy re rhobotos.) (En téte de la page.) Belle image de ce qui se passe dans les républiques. Vaisseau où tous les matelots veulent gouverner, et se battent à qui

prendra en main le timon, n’ayant nulle connoissance de la mer, et

persuadés même qu’il n’est pas besoin d’en avoir. — (4 la marge.) ADrmanTe. On ne peut répondre aux inductions de Socrate; et on se trouve à la fin réduit au silence, mais point convaincu. — Qu’y a-til de plus inutile à un État que ceux qu’on appelle philosophes? — Socrate en convient et en donne la raison. Il compare ce qui se passe dans les républiques à un vaisseau où tous les matelots veu-

1. Dans ce dernier passage, sur le mot pelæy yhcipous, au lieu duquel, dans les éditions plus récentes, on lit wæluydopoue, Racine a fait cette note : « Lucr. (Lucrèce, livre IV, vers 1156) dit weliypoos. » E

lent gouverner, sans savoir un mot de la marine. L’inutilité des sages vient de ceux qui ne veulent pas les employer. Iront-ils aux portes des riches les prier de se laisser gouverner par eux ?

Page 427. (Edv te révns — Oeüv rôyn. "H xat 66.) N'est-ce pas au malade à prier le médecin de le traiter? — Le décri de la dévotion vient des faux dévots , — La première qualité d’un philosophe, c’est d'être vrai. — Il est passionné pour ce qui est, et n’a point de repos qu’il ne lait trouvé. — Chœur qui suit la vérité, — Les âmes propres à la philosophie sont rares. — Plus une âme est élevée, plus elle est dangereuse quand elle vient à se dépraver. — Les grands crimes supposent une âme hardie.

Page 428. (‘Hyf Goxep of zoo — xéurrntar xt Elantra.) (En tête de la page.) Combien la fréquentation du monde est dangereuse. — On appelle sages ceux qui étudient les inclinations du monde et qui s’y conforment. — C’est un grand animal à qui il faut parler sa langue. — (4 la marge.) Fréquentation du monde combien dangereuse. — Tout respire dans le monde les maximes du monde : les tribunaux, les théâtres. — Dieu seul peut empécher que la vertu ne sy corrompe *. — Le monde est un grand animal qui rue et qui s’effarouche quand on ne lui parle pas sa langue. — Chacun apprend donc cette langue pey&hov Cwov. Les poëtes, les musiciens parlent tous cette langue. — Le philosophe même s'y corrompra, s’il s’y laisse engager; et il deviendra pire que les autres. F

Livre IX 5, page 457. (Oüxoÿv* odtos ylyverat — où raldwv z0ù yuvax6ç.) Intérieur d’un tyran. — Un tyran est comme un maître qui vivroit dans un désert avec quantité de ses esclaves.

Page 458. (MA dréhouwvto br tv olrerv; — rh toù tuac0at.) Le tyran est au fond de son palais, comme dans un cachot. — Plein de frayeurs, de tourments et de déplaisirs. V. Tacit. 1 — 6 Annie

Page 459. (‘Hdovhy — radlav Xérns eiver.) (En téte de la page.) C’est au philosophe à juger, et de son bonheur et de celui des autres.

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