‹ Œuvres de J. RacineChapitre 261 sur 390 · DE RACINE À MADEMOISELLE VITART · texte numérisé non relu

DE RACINE À MADEMOISELLE VITART

A Usez, le 24e janvier [1662].

Ce billet n’est qu'une continuation de promesse et une nouvelle obligation. Je m’étois engagé l’autre jour ‘ de vous écrire une lettre raisonnable, et après 15 jours d'intervalle je suis si malheureux que de n'y pouvoir satisfaire encore aujourd'hui, et je suis obligé malgré moi de remettre à l’autre voyage. Mais toutes ces remises ne sont pour moi qu'un surcroît de dettes, dont il me sera fort difficile de m'acquitter; car vous vous attendez peut-être de recevoir quelque chose de beau, puisque je prends tant de temps pour m'y préparer. Vous me ferez charité de perdre cette opinion, et de vous attendre plutôt à être fort mal payée; car je vous ai déjà avertie que je suis devenu un très-mauvais payeur. Quand je n’étois pas si loin de vous, je vous payois assez bien, ou du moins je le pouvois faire ; car vous me fournissiez assez libéralement de quoi m'acquitter envers vous. J'entends de paroles; car vous êtes trop riche, et moi trop pauvre pour vous pouvoir payer d'autre chose. Quoi qu’il en soit, cela veut dire

Que j'ai perdu tout mon caquét,

LerTRe 21 (revue sur l’autographe, conservé à la Bibliothèque impériale). — 1. Voyez ci-dessus, dans la lettre 18, datée du 26 dé-

cembre 1667, les premières lignes de la page 432.

ho LETTRES.

Moi qui savois fort bien écrire?

di si Et jaser comme un perroquet.

Mais quand je säurois encore jaser des mieux, il faut que je me taise à présent. Le messager va partir, et on m'arrache la plume des mains. Vous me permettrez donc de finir. Il ne faut pas faire attendre un messager de grande ville comme est Usez. Pardonnez done, et attendez encore huit jours.

Suscription : À Mademoiselle Mademoiselle Vitart. (Deux cachets rouges : J. RAC., avec une soie jaune.)

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