‹ Œuvres de J. RacineChapitre 312 sur 390 · DE RACINE A L’ABBÉ LE VASSEUR · texte numérisé non relu

DE RACINE A L’ABBÉ LE VASSEUR

[A Paris, novembre 1663.]

Sr M. Vitart étoit ici tandis que votre laquais y est, je lui ferois donner absolument ce bail que vous demandez; car il ne me l’a point encore donné, et il s’obstine à le vouloir faire transcrire pour en donner la copie à M. de Villers. Je vous proteste que je l'en ai horriblement persécuté, et que je ferai tout mon possible pour faire donner demain au matin ce papier à votre laquais avant qu'il parte. Je n'aime pas à manquer de parole quand j'ai promis de m'employer pour quelqu'un : c’est ce qui fait que j'ai de grands reproches à vous faire pour cette sauvegarde? que j'avois promis de faire obtenir par votre moyen, et je ne vais à l'hôtel de Liancour qu'en enrageant, quoique je sois obligé d'y aller presque tous les jours, parce que c’est là où sont mes plus grandes affaires. C’est pourquoi je vous conjure de faire tout votre possible pour mettre ma conscience en repos de ce côté-là, et de donner des ordres, du lieu où vous êtes, aux gens que vous m'avez promis d'employer auprès de Monsieur le Comte; car je peste tous les jours contre vous, et je serois bien aise, quand je songe à vous, de n'y point songer avec ces sortes de

.scrupules.

Pour ce qui regarde /es Frères*, ils ne sont pas si avancés qu'à l’ordmaire. Le 4° étoit fait dès samedi;

Lerrre 39 (revue sur l’autographe, conservé à la Bibliothèque impériale), — 1. Cette date est donnée par la mention qui est faite vers la fin de la lettre de la cérémonie qu’on devait célébrer le dimanche suivant à Notre-Dame. Voyez ci-après, p. bo4, note 9.

2. On appelait ainsi des lettres que l’on obtenait pour être exempt de loger-les gens de guerre.

3. La tragédie des Frères ennemis, ou la Thébaïde, qui ne fut jouée qu’au mois de juin de l’année suivante. -

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mais malheureusement je ne goùtois point, ni les autres non plus, toutes les épées tirées : ainsi il a fallu les faire rengainer, et pour cela ôter plus de deux cents vers, ce qui est malaisé.

La Renommée * a été assez heureuse. M. le comte de Saint-Aignan * l’a trouvée fort belle. Il a demandé mes autres ouvrages, et m'a demandé moi-même. Je le dois aller saluer demain. Je ne l'ai pas treuvé aujourd'hui au lever du Roi; mais j'y ai treuvé Molière, à qui le Roi a donné assez de louanges, et j'en ai été bien aise pour lui : il a été bien aise aussi que j'y fusse présent.

Pour mon affaire de chez M. de Bourzeis *, elle est fort’ honnête et bien avancée; mais on m'a surtout recommandé le secret, et je vous le recommande.

M. de Bellefont* est premier maître d'hôtel depuis

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