‹ Œuvres de J. RacineChapitre 320 sur 390 · DE RACINE A MARIE RACINE · texte numérisé non relu

DE RACINE A MARIE RACINE

A Paris, le 9° janvier [1664].

MA TRÈS-CHÈRE SOEUR

J'étois à la campagne * lorsque votre dernière lettre est venue, et ce voyage a été cause que J'ai été un peu longtemps sans vous écrire. Vous pouvez croire que je n'ai pas laissé de penser à vous durant tout ce temps-là. Je voudrois pouvoir vous le témoigner bien autrement que je ne le fais, et ne vous pas envoyer pour si peu de chose; mais il faut un peu attendre que mes affaires se fassent, comme j'espère qu’elles se feront tôt ou tard ; et je n'aurai jamais de bonne fortune que vous ne vous en ressentiez, si je puis, aussi bien que moi. Je ne m'étonne pas que mon oncle * ne vous ait rien dit de moi. Il

Lerrre 43 (revue sur l’autographe, conservé à Soissons). — 1. Cette lettre est antérieure à l’année 1667, qui fut celle de la mort de Pierre Sconin, chez qui elle est adressée. Nous la croyons de 1664. Le cachet noir qu’on y remarque conviendrait à ce temps où Racine devait porter encore le deuil de sa grand'mère Marie des Moulins.

2. Au commencement de la lettre 41 (p. 507), qui est de la fin de 1663, Racine parlait d’un très-prochain voyage qu'il allait faire. C’est une indication de plus en faveur de la date qui nous à paru probable pour cette lettre-ci.

3. Il est assez difficile de savoir de quel oncle il s’agit, mais nous sommes porté à croire que c’est de Claude Racine (voyez cidessus, p. 5or, la note 6 de la lettre 38). Le compte sur lequel, d’après un passage de cette lettre, on était en désaccord, semblerait être un compte de partage après la mort de Marie des Moulins, mère de Claude Racine.

s'en est allé fort en colère : non pas que je lui en aie donné du sujet, car je l'ai traité avec tout le respect possible; mais je ne crois pas qu'il ait beaucoup d'affection pour moi. Il me voulut reprocher que j'avois mangé tout son bien; je ne lui répondis rien, mais mon cousin * le querella * de belle manière, et le fit bien repentir de ce beau langage. J'en étois assez honteux pour lui. Et le lendemain il s'en alla sans nous dire adieu. Ne dites pas un mot de tout cela à personne ; car cela est un peu de conséquence. Mon cousin lui remontra encore combien il s'abusoit pour notre compte. Je crois qu'on le terminera bientôt, et j'y ferai tout mon possible, quoiqu'il ne nous importe guère qu'il se termine si tôt. Mandez-moi, je vous prie, des nouvelles de ma cousine Hennequin°; j'en suis fort en peine. Faites aussi mes baisemams à ma cousine sa sœur”. Mlle Vitart vous baise les mains. J’écrirai demain au P. Adrien *

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