DE RACINE A MADEMOISELLE RIVIÈRE
A Paris, ce 10° septembre r68r,
JE vous envoie, ma très-chère sœur, une lettre de mon oncle Racine par laquelle il me prioit de donner quelque argent à mon cousin son fils ?. Je lui ai donné trentetrois livres, comme vous verrez par le recu de mon
3. À la suite de ce billet est la transcription du commencement de la harangue jusqu'aux mots : « Vous n’avez guère tardé à exciter notre admiration. » Voyez notre tome IV, p. 351 et 352 : nous y renvoyons le lecteur, la transcription jointe au billet étant exactement semblable au texte donné par le recueil de Coignard. On peut voir cependant par les variantes que nous avons citées au bas des pages indiquées ci-dessus, que Racine, avant l'impression du discours, y avait fait plusieurs corrections. Il n’a plus trouvé à en faire, après avoir consulté l’Aristarque dont il sollicitait les avis, Là encore il y a quelque chose qui nous met en défiance.
Lerrre 47 (revue sur l’autographe, conservé à Soissons). — 1: Nous cessons de donner à la sœur de Racine le nom de Marie Racine. Elle avait épousé Antoine Rivière le 30 juin 1676. Voyez ci-dessus, p. 374, la note 1 de la lettre 3.
2. Nous ne saurions dire si ce cousin est Nicolas Racine, né en 1657, fils de Claude Racine et de Geneviève Castel, qui devint notaire et procureur à la Ferté-Milon, et épousa en 1683 Anne Regnault. L'oncle Claude Racine eut aussi d’autres enfants; trois avaient recu au baptême le nom de Claude; le dernier né de ces trois Claude fut baptisé le 24 octobre 1655. Les deux autres étaient
, sans doute morts en bas âge.
b18 LETTRES.
cousin. Je vous prie, à mesure que vous aurez besoin d'argent pour faire les petites charités dont vous avez bien voulu vous charger, d'en demander à mon oncle. Ne le pressez pas néanmoins. Dites-lui seulement l'intention qui vous obligera de lui en demander. J'en avancerai à mon cousin son fils, tant que mon oncle voudra, sur un simple mot d’écrit de lui. Je vous prie de lui faire beaucoup d’honnétetés de ma part.
Vous avez eu tort de me vouloir du mal de ce que je n'ai point été vous voir à mon voyage de Brenne 8 ,J'avois pris mes mesures pour repasser par la Ferté. Mais le baptême de M. de la Fontaine *, auquel je ne m'attendois pas, nous obligea de revenir à Villers-Cotterets. Nous aurions grande envie, ma femme‘ et moi, de vous aller voir, et peut-être irons-nous dès cette année. Je baise les mains à M. Rivière et à mon cousin et à ma cousine Vitart*. Adieu, ma chère sœur : je suis tout à vous.
Je vous recommande toujours ma mère nourrice.