‹ Œuvres de J. RacineChapitre 48 sur 390 · LIVRE II · texte numérisé non relu

LIVRE II

"Héktos D dvopouse Mrbv repradilex Auvnv Oùpavov ç rolyazov, 1° AGavéroict oaveln Kat Ovnrotat Bporotouy ërt Celdwpoy Spoupay. [Vers 1-3.]

Ce marais ne peut être autre chose que la mer, qui est en effet un assez beau marais. (Au [livre] 5., évedouro Muvnc, parlant d’Ino{.) Ils arrivent à Pyle, et sacrifient aux Dieux en prenant terre. Pallas dit à Telemachus qu’il ne doit point être honteux, mais demander librement à Nestor des nouvelles de son père. x

Weddos D odx épéet” éka yàp renvouévos êtl. [Vers 20.]

Il ne vous dira point de fausseté, dit-elle ; car il est fort sage. Telemachus lui demande conseil.

Mévrop, rs v’ de lu; Ils t’ de rooortétouer adrév; [Vers 22.]

tum, 2 volumes in-4°, Amsterdam, 1759), livre III, épigramme cCx11, La voici telle qu’elle y est donnée :

O blandos oculos et inquietos,

Et quadam propria nota loquaces !

Illic et Venus, et leves Amores, Atque ipsa in medio sedet voluptas.

— Suivant Burmann, elle est d'Alcimus. On l’attribue à Pétrone dans les commentaires du Satyricon : voyez à la page 353 de l'édition de cet ouvrage publiée à Genève en: 1624 (x volume in-/°), la note 4 sur un passage du chapitre rxxxvr (c’est le chapitre cxxvr dans les plus récentes éditions). Ce peut bien être là que Racine avait lu cette épigramme, car on voit par un autre passage des Remarques sur l'Odyssée qu’il lisait alors Pétrone.

1. Cette phrase que nous avons mise entre parenthèses est en interligne dans le manuscrit. ’Ayedboxto Auvns est au vers 337 du livre V de l'Odyssée. Il s’agit de la déesse des mers, Ino, comme le dit Racine, M. Aimé-Martin a bizarrement altéré ce passage, qu’on lit ainsi dans son édition : « Au cinquième livre, évedbouro Muvne; partant d’Ino, ils arrivent à Pyle, »

Cicéron rapporte ce vers-là, Zib. IX, ep. 8, ad Attic.: Hic ego vellem habere Homeri illam Minervam simulatam Mentori, cui dicerem : Mévrop, etc. Et la raison pourquoi Telemachus demande conseil,

OÙdé zl rw ploror rerelpnpat ruxtvotot - Atdüos D’ ad véov dvdpa yepuitepov éfepéeodar. [Vers 23 et 24.]

Je n'ai pas, dit-il, encore assez d'expérience pour parler. Homère nous apprend par là qu’un jeune homme ne doit pas s'ingérer de parler, puisque Telemachus, qui étoit un prince si bien né, appréhende de parler; et, dit-il, ce n’est pas honnête à un jeune homme d'interroger un vieillard. Mais Pallas le rassure par ces belles paroles :

Tnktpog, AXa pèv adrds Ent opesl chat VOAGELS, AN) a dè al dalpuwv brobfoerar. OÙ yèp dt OS ce Oediv déxnre yevéoar te rayée te. [Vers 26-28.]

Dites, dit-elle, ce qui vous viendra dans la pensée, et quelque bon démon vous inspirera le reste. Commencez, et Dieu achèvera; car vous ne lui êtes pas indifférent.

Qc dou ouvioas yfsaro Mas AGfvn KapraMpus, 6 à Éreura per” Tyvux Gate Ocoto. [Vers 29 et 30.]

Pallas lui montra le chemin; et lui, marchoiït sur les pas de cette déesse. Ils viennent treuver Nestor à une assemblée.

Evo? dpa Néorwp foto obv vidoiv. ’Apot à Eratpot Autr évruvéuevor xpéx Grruv, Sa d'Ererpov, [Vers 32 et 33.]

Il étoit assis avec ses enfants, et ses domestiques (ou ses © amis) préparoient le souper. D'abord qu’ils virent ces étrangers, ils vinrent tous en foule à eux, les prirent par les mains et les firent asseoir, après les avoir salués :

Of ©’ bc obv Eelvous 23ov, &Üpoot FAdov Étavtes Xcpoly +’ ordçovro nat Edpidacdar dvwryov. [Vers 34 et 3b.]

Et surtout Pisistrate, l'aîné des enfants de Nestor, qui les prend et les fait mettre à table, Homère fait paroître tous les enfants de Nestor fort bien nourris, pour montrer qu'un père

sage instruit bien ses enfants. Ainsi, dans l’Zliade, Antilochus, son fils, étoit un des plus braves, et grand ami d'Achille: aussi y mourut-il!. Pisistrate donc leur présente à boire, et les avertit de boire en l'honneur de Neptune; car ce festin est à son honneur; et il dit un peu devant que c’étoit sur le bord de la mer.

Tévres dE Oeüv yatéouo” &V0pwrot. [Vers 48.)

Tout le monde, dit Pisistrate, a besoin des Dieux, et par conséquent doit les honorer. Mais il donne la coupe à Pallas la première, parce, dit-il, étranger, que vous paroissez le plus âgé, l’autre étant de mon âge. Pallas fait une prière à Neptune, et puis après donne la coupe à Telemachus.

Os do’ Eneur’ Ap8ro, xoÙ dr} révra tekebtæ. [Vers 62.]

Elle pria ainsi, dit-il, et elle-même accomplit tout ce qu'elle demandoit à Neptune; ou bien, elle accomplit toute la cérémonie des hbations. Ils soupent, et après Nestor leur demande qui ils sont. Telemachus lui répond, et avec assurance, car Pallas lui en inspiroit :

Oxpoñoas * adr} yap Ev gpeot Oépsos ’A0fvn Ofx”, Wa puv rept ratpds ärotyouévoo Épotro, "HO a quv xA6os EcORdy êv évbowrotou Éynouv. [Vers 76-78.]

Il lui demande des nouvelles de son père, et l'en conjure par son père même, s’il en a jamais recu quelque service à la guerre de Troie :

Alocopo, et roté rol rt rathp Eube EcOXds Oduaoebe CH Eros ge ru Épyby brootks ÉÉeréleage Apo Tooov, 601 résysre mfuar” Ayaol. [Vers 98-100.]

Car rien ne lie si bien l'amitié que d’avoir enduré de la misère ensemble. En effet, Nestor commence à lui parler de la guerre de Troie, et dit qu’ils y ont tant souffert de maux que,

1. Nous reproduisons le texte du manuscrit. Il faut sans doute remplacer : € y mourut-il, » par « mourut-il devant Troie. » (Voyez le livre IV de l'Odyssée, vers 188.) Racine paraît avoir omis quelques mots dans la phrase.

quand il seroit cinq ans entiers à en parler toujours, il ne pourroit pas tout dire. Il lui raconte ce qui se passa au retour des Grecs, et comme ils se séparèrent les uns des autres. C’est là le caractère qu'Homère donne à Nestor, de parler beaucoup, et de rapporter des histoires de son vieux temps. Nous voyons dans l’liade que, quand il y a quelque différend, Nestor se produit toujours, et leur dit qu'ils se taisent tous, et qu'il est plus expérimenté qu'eux : aussi avoit-il vu trois siècles. Homère a pratiqué encore cela dans quelques autres vieillards, comme dans Phénix, au [livre] 9. de l’Ziade ; dans le fermier d'Ulysse, à la fin de l'Odyssée, etc. Nestor dit que jamais ils ne furent d'avis différents, lui et Ulysse :

*Ev0° #rot élus uèy éyè za dtos "Odvosebs Oùre rot” elv dyopf dl? E6dCopev, or’ ëvl BouAñ, * AX Eva Bupbdv Éyovte, vw xat èrlppovr Pouf Poatôue0”, ’Apyetousiv Érws y? dpiota yévnrar. [Vers 126-129.]

Cela montre que deux hommes sages discordent rarement quand il s’agit du bien public.

-Oi à FA do oùvw Bebapnéres vêes Ayudv. [Vers 139.]

Il parle d’une assemblée des Grecs, où tout se passa fort mal et avec désordre, et dit que les Grecs étoient chargés de vin.

Page 1