Odyssée, livre XI, vers
rant, après quoi il fut tué par Oreste. J'ai remarqué qu'Homère ne dit jamais expressément qu'Oreste ait tué sa mère, et qu'il évite cela comme une chose odieuse ; mais il le dit ouvertement ici :
Hot 6 toy xrelvas dalvu répov ’Apyeloratv Matpds te oruyepis 4aÙ évéhxtdos Aîylooro. [Vers 309 et 310.]
. I fit un banquet pour la sépulture de sa mère et du lâche Égisthe. Oreste étant jeune avoit été envoyé par sa sœur Électra dans la Phocide, afin qu'il ne fût pas tué par Égisthe. Il n’en revint que douze ans après, selon quelques-uns, et sept, selon Homère.
Nestor conseille à Telemachus de n’être pas longtemps hors de son logis.
Kat ob, ollos, pù dn0à épuv &xo 190 &XéAnoo, Krhpaté te rookirov &vdpas t’ Èv ootot dépotst Ofrw brepotdlous, pitot xarè révra péywor. [Vers 313-315.]
Mais il dit qu'il aille voir auparavant Menelaüs, lequel est nouvellement revenu de bien loin, et d’une mer dont les oiseaux mêmes ne pourroient pas revenir en un an, car elle est vaste et horrible à voir. Ce n’eët pourtant que la Méditerranée; car Menelaüs n’avoit été qu'en Égypte, et les héros d'Homère n’ont jamais vu l'Océan, ni même les Romains devant César, qui y monta le premier pour passer en Angleterre. Alors ils se mettent à table, et font des libations à Neptune et aux autres dieux. Pallas leur dit qu’ils se hâtent, et qu’il ne faut pas être trop longtemps à table quand on y est pour faire des libations, parce que ces choses-là sans doute se devoient faire avec révérence. Nestor les retient à coucher, et dit que tant qu'il vivra, il ne souffrira pas que le fils d’un tel homme qu'Ulysse couche sur le plancher d’un vaisseau. Après moi, mes enfants auront encore soin de bien traiter les hôtes :
Exrerra di ratdec vt meyépotor AMrwvrar, Selvous EeuvlCerv Boris x? Epà dopa0" Tntar. [Vers 354 et 355.]
Pallas lui dit qu'elle lui sait bon gré ; mais, pour éviter de coucher au logis de Nestor, elle dit qu'ayant le plus d’autorité parmi les compagnons de Telemachus, il faut qu'elle les
aille treuver, et que dès le matin elle ira chez les Caucons, où on lui doit une dette qui n’est pas nouvelle ni petite; car les vieilles dettes sont les meilleures :
*Evôa XpEÏOS pot êpéAkETAL, oÙTL VÉOV YE OD 8Ayov. [Vers 367 et 368.]
* Puis elle lui recommande Telemachus, et elle s’en Va, pareille à un aigle, c'est-à-dire terrible comme une aiglet :
Payn etdouévn : Odu6os D Eds révras Wdôvras. [Vers 372.]
Les Latins traduisent ossifraga : c'est une espèce d'’aigle qui est carnassier et qui brise les os; car Pline en rapporte de six espèces, liv. X, c. 3.
Aussitôt Nestor prend Telemachus par la main, et dit qu'il doit être un jour quelque chose de grand, puisque les Dieux Faccompagnent si visiblement :
Et f rot véw Ge Oeot rourñes Éxovrau. [Vers 376.]
Car assurément, dit-il, c’est là la fille de Jupiter, Pallas. Nestor lui fait un vœu de lui sacrifier-une génisse bien saine,
large de front, et qui n’est pas encore domptée, et de lui
verser de l’or entre les cornes. C'étoit là un des plus augustes sacrifices. Pallas l'écouta. Après Nestor ramène tous ses gendres et ses enfants à son logis, les fait asseoir chacun selon son rang, et puis il remplit une coupe de vin qu’on gardoit depuis onze ans; et ils en boivent tous en l'honneur de Pallas. .
Après quoi ils se vont tous coucher. Nestor retient Telemachus, et fait coucher son fils Pisistrate aupres de lui, car il n’étoit pas encore marié; et lui couche dans un appartement d'en haut avec sa femme. Dès le matin il se lève, et se vient seoir sur de belles pierres blanches et reluisantes qui étoient devant sa porte. Là s’étoit assis Neleüs, son père; et Nestor s’y assoit présentement, portant un sceptre à la main; et autour de lui s’arrangeoïient tous ses enfants, dont Homère nomme six.
1. Racine a écrit ainsi, dans cette même phrase, d’abord un aigle, puis une aïgle.
J, Racine, vi 6
Telemachus y vient aussi avec Pisistrate, qui fait le sixième. Nestor commande à ses enfants d’aller, les uns querir une génisse à la campagne, les autres querir les compagnons de Telemachus, les autres d’aller querir l’orfévre, afin de faire le sacrifice, et aux autres enfin de donner ordre au diner.
Qs pal”. Of 2 dpa révres ëxotrwvov. [Vers 430.1
Il est aussitôt obéi. La génisse vient, les compagnons de Telemachus, et l’orfévre,
OrV ëv yepolv Éywv yahta relpata-TéyVne, ”Axpové te cpûpav T” éürolnrév te rupéyenv [vers 433 et 434],
ayant dans les mains ses instruments, son enclume, son marteau et ses tenailles. Il ne se peut rien voir de mieux réglé que toute la famille de Nestor. On voit que chacun fait son office : l’un tient la coignée, l’autre le vase pour recevoir le sang. Nestor tient une aiguière ; il invoque Minerve, coupe du poil dessus la tête de la génisse, et puis les jette dans le feu avec de la farine salée, que les Latins appellent #0/a (d'où vient émmolo), les Grecs, oùhoybrns.
Aussitôt Thrasymède, son fils, lui donne un grand coup de hache sur le cou, et la tue; les filles et les femmes font un grand cri, é\dAvËav!. Héliodore dit la même chose en un sacrifice de cent bœufs. Aussitôt, dit-il, qu'on donna les coups de hache, AGE«Y ai yuvatxes, AAdAaËaV of &vdpes?. La femme de Nestor s’appeloit Eurydicé , fille de Clymenus. On fait cuire les viandes, c’est-à-dire les membres de cette génisse découpés; on couvroit les cuisses de la coiffe, c’est-à-dire de la peau qui couvre les intestins, omentum. Cependant la belle Polycaste, la dernière des filles de Nestor, lave Telemachus : après quoi il reprend ses habillements.
Ex 6 doaplvlov fi déuas AOavétorstv épotos. [Vers 468.1
Après le diner, Nestor commande à ses enfants d’accommoder un chariot pour Telemachus : ce qu'ils font. Telemachus y monte, et Pisistrate aussi, qui prend les rênes à la