‹ Œuvres de J. RacineChapitre 69 sur 390 · Ibidem, vers · texte numérisé non relu

Ibidem, vers

Tots méxapes Aavaot xal tetpduts, oÙ t67” ÜAovro

Tpoln èv edpeln, xépuv ’Atpeldnot pépovres. [Vers 306 et 307.1 O terque quaterque beati

Queis ante ora patrum Trojæ sub mænibus altis

Contigit oppetere 1!

Car, dit-il, il faut que je meure maintenant d’une mort sans

honneur :

Nüv dé pe kevyakéw Oavétw eluapto &Aüvar. [Vers 312.]

Il dit qu'un vent le vint pousser avec violence, lorsqu'il faisoit ces plaintes.

Talia jactanti ?, etc.

Mais Ulysse tombe loin de sa frégate, et revient à grand peine dessus les eaux.

Mais quoiqu'il fût noyé d’eau, il n’oublia pas sa frégate :

AAN 02 Ge oyedlne Exehf0eto, tetpôuevés rep [vers 324],

mais il remonta dessus, téhos Gavérou dseivwv5. On fuit toujours tant qu'on peut le dernier passage de la mort, et on ne se rend qu'à l'extrémité.

Tv © épôper péya xp xarà p6ov EvVOx nat Evôæ. [Vers 327.]

Il décrit l'agitation de ce petit vaisseau, qu’il compare à des petites ronces qu'un vent d'automne promène par les campagnes, et qui se roulent l’une avec l’autre. Aïnsi, dit-il, les vents promenoient ce vaisseau :

’AXote pév te Nôtos Bopén rpoëdheore vépeolou, AXote à ar’ Ebpos Zeobpw elEacue duoxeuv. [Vers 331 et 332.]

On peut appliquer cela à une ville ou à une république agitée de plusieurs partis, comme a fait Horace dans l’ode qui commence : © navis, referent in mare te novi Fluctus*.

Mais Ino Leucothée, fille de Cadmus, xaæXhogupos 5, aux beaux talons, eut pitié d'Ulysse, et mit la tête hors de l’eau,

1. Énéide, livre I, vers 94-96. — 2. Ibidem, vers 102. 3. Vers 326. — 4. Livre I, ode x1v. — 5, Vers 333.

et même se vint asseoir dans son vaisseau. Elle lui dit de se mettre en nage jusqu'au port des Phéaques, et lui donne un ruban de sa tête pour le soutenir; elle rentre après dans la mer. Ulysse prend cela pour une tentation de quelque dieu ennemi, et se résout de demeurer dans son vaisseau tant qu'il pourra. Mais Neptune pousse contre! un flot violent, horrible ; et comme un grand [vent] dissipe un monceau dé paille, qu’il fait voler cà et là, aussi tous les ais de ce vaisseau se dissipent. Et alors Ulysse se dépouille, et étendant sous sa poitrine ce ruban, il se met à nage, yeïpe néracous?. Neptune, le voyant en cet état, se croit assez vengé, et chasse ses chevaux vers Ægues, où il avoit un temple. Mais Pallas, qui craignoit la présence de son oncle, vient alors au secours d'Ulysse, bouche le chemin des autres vents, et les fait demeurer coi, et permet au seul Boréas de souffler et de fendre les flots, afin qu'Ulysse les puisse traverser. Il est deux jours entiers à nager et à voir toujours la mort devant les yeux :

ToX& 3€ of xpadln rportésoer SAcllpov. [Vers 389.]

Au troisième*, il apercoit la terre à grand peine, et en s’élevant de dessus les flots.

“Qc à” Étav dordouos Bloros rauldeoot vaveln

Tarpds, ds v vobou xetrat xpütép dkyex T4SY{wY,

Anpdv rnxépevos, oruyepbs dé of Éypus Dalpuwv,

’Aoréotov à dpa TOv y Dot xaxétntos Éluoav”

"Qs ’OdvoŸ Soraotbv éelouro yatx xat EAn. [Vers 394-398.]

Cette comparaison est tout à fait belle et bien naturelle, car il n’est rien de plus doux que de voir revenir un père d’une longue maladie, où sa vie étoit désespérée, tout de même que de voir le port après la tempête. Aussi il se hâte tant qu'il peut de nager; mais quand il est un peu avancé, il entend un bruit impétueux et voit que c’est de l’eau qui bat contre des rochers escarpés, au lieu du port qu'il pensoit trouver. Alors

1. Racine a-t-il oublié d'écrire le complément de la préposition, ou a-t-il employé absolument l'expression pousse contre ?

a. Vers 374. ;

3. Racine a écrit : « au 3°, » c’est-à-dire au troisième jour. M. Aimé-Martin a mis : « Au troisième livre. »

il perd courage et se plaint misérablement, reconnoissant bien que Neptune est irrité contre lui; et une vague l’alloit pousser contre ce rocher, où il eût été brisé sans doute, si Pallas ne lui eût mis dans l'esprit de se prendre des mains à ce rocher, et de s’y tenir jusqu'à ce que la vague se fût brisée : ce qu'il fait, et Homère le dit admirablement :

’Aupotéonor à Jepotv recoûpevos Ad6e rétpns, Tis Éxero otevépuv, elux péya px napfAle. [Vers 428 et 429.]

On diroit qu’on le voit attaché avec les ongles à ce rocher; mais le reflux de la vague l’arrache de là, et l'emporte bien loin dans la mer. Toute la peau de ses mains s’en va en lambeaux, comme, quand un poulpe est retiré de sa coquille, une infinité de petites pierres s’attachent à ses bras. C'est un poisson dont la peau est tendre et qui a plusieurs pieds : polypus. Et alors le pauvre Ulysse étoit perdu, si Pallas ne lui eût inspiré de sortir de l’eau où il étoit plongé, et de suivre la vague qui se fendoit du côté du rivage. Et il arrive à l'embouchure d’un fleuve qui se déchargeoït dans la mer, et où on pouvoit prendre terre. Ulysse lui fait cette prière :

KAGGL, dvoë, 66 t 2asl: roASAASTOS dE 0° trévw, Deiyuwv àx révroto Iosetddwvos vers.

Atdotos pév +’ étt xat dÜavdroust Ocototv,

’Avdpoy 6aru anrar &kbmevos…. [Vers 445-448.]

C'est ce que Sénèque a traduit dans les vers qu'il fit durant son exil, en ces mots : Res est sacra miser". Et ce sentiment est d'autant plus beau qu'il est imprimé dans les cœurs par la nature même. Ainsi, dit Ulysse, je viens à vos eaux et À vos genoux : à vos eaux, aûv e fdov, comme à un fleuve, où ve yovar” [vers 449], comme à un dieu. Et ainsi on peut traiter les fleuves d’une et d’autre facon.

PAXN Eléaupe, vab, fxétns dE Tor ebyopat etvar. [Vers 450.] On révéroit les suppliants, et on ne permettoit pas qu'on . . Voyez dans la collection Lemaire, au tome IV des OEuvres philosophiques de Sénèque, la xv° des épigrammes qui lui sont attri-

buées. Dans les anciennes éditions ces épigrammes sont intitulées : Epigrammata super exilio.

les touchât. Cela se voit partout dans l’histoire, soit aux asiles, soit aux temples, soit aux palais, soit aux statues des princes. Aussi, dit Homère, ce fleuve arrêta son cours et retint ses flots, rendant tout paisible afin qu'il se poussât à bord, ce qu'il fait. Et alors il plie les deux genoux et laisse aller ses mains robustes.

‘AA yèp Sédunro ol\ov xp, ”ODece Dè {p6x révræ. [Vers 454 et 455.]

Et l’eau de la mer, Odhucoæ ro [vers 455], lui couloit par le nez et par la bouche,

‘O S’ &rvevotos xaÙ dvaudoc Keir” GArynreléwv: xdparos Dé ptv aivds rave. [Vers 456 et 457.]

À la fin, il revient à lui et jette le ruban d’Ino dans le fleuve, comme elle lui avoit commandé; le fleuve emporte ce ruban dans la mer, et la Nymphe le vient reprendre. La fiction de ce ruban est tout à fait belle ; car il est vraisemblable que ce ruban ou ce linge, qui couvroit la tête d’une déesse marine, pouvoit soutenir un homme sur l’eau, et cela donne [à] Homère le moyen de faire paroître Ulysse dans toutes ces extrémités où on croit toujours qu'il va périr : ce qui suspend l'esprit et fait un fort bel effet. Aussi rien ne peut être mieux décrit qu'Ulysse flottant entre la vie et la mort, trois jours durant, comme il fait. Il ne sait ici s’il doit passer la nuit dans le fleuve, dont il craint la fraîcheur trop grande, ou dans un bois tout proche, où il a peur des bêtes farouches, qui pourroient le surprendre en dormant. Néanmoins il choisit le dernier, et va dans ce bois, et treuve deux arbres, l’un d’olivier sauvage, et l’autre d’olivier, tous deux nés d’un même endroit, et si étroitement serrés qu'ils ne pouvoient être pénétrés ni par le souffle des vents, ni par le soleil, ni par la pluie :

Tobs pèv de’ oùt’ dvéuv ide: pévoc Dypov Sévrv, OÙdE rot’ féktos valley axrtorv É6aAXev,

Or’ dufpos REPAXOKE dtaprepés * Wg dou ruxvo} AMflotciv Épuy éraporéadle. [Vers 478-481.1

Là il dresse un lit de feuilles en grande abondance, et assez même pour couvrir trois hommes dans Je plus grand

froid de l'hiver. Il se couche dessus, et se couvre avec quantité de ces feuilles, comme un tison caché sous la cendre en quelque maison écartée :

Qc D Bte tie Dahby crodtÿ évéxpupe pehalvn, Aypoÿ èr’ icxare, à © ph Tépa yelroves XXot, Erépua rupds cwÇwv.... [Vers 488-490. ]

Pallas l’endort,

“IVe pv RaVoELE Ty. tOTX Avorovéos XALÉTOLO, olka Pléoap’ dupraakibas. [Vers 492 et 493.1

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