‹ Œuvres de J. RacineChapitre 93 sur 390 · Vers · texte numérisé non relu

Vers

Kaxà Bussodopebuy, EY ru tuoalunv, dén dé por eügos ’AUfvn. [Vers 316 et 3:7.]

Il aperçut contre la muraille une grande branche d'olivier, que le Cyclope avoit coupée pour en faire son bâton quand elle seroit sèche. Elle étoit aussi grande que le mât d’un vaisseau chargé, à vingt rames. Il en coupa la longueur d'une toise, qu'il donna à ses compagnons, pour l’amenuiser par le bout, et la mit après dans le feu, pour la mieux ajuster. En suite de quoi, il la cacha sous le fumier, qui étoit là en grande abondance. Il jeta au sort pour prendre quatre de ses compagnons qui l’aidassent à lui crever l'œil quand il dormiroit, et le sort tomba sur ceux qu’il eût voulu choisir lui-même. Sur le soir, le Cyclope revient et fait rentrer dans son antre tout son troupeau, mâles et femelles, soit qu'il le fit exprès, ou que Dieu le voulût ainsi. Homère prépare une invention pour faire sortir Ulysse. Et après qu’il eut fermé encore son antre, et fait le reste à son ordinaire, il prit encore deux des compagnons d'Ulysse. À ce compte-là, il y en eut six de mangés, et il n’en restoit plus que six autres avec Ulysse. Cependant Virgile n’en compte que deux, et mal, ce me semble, car Homère en compte trois fois deux, au souper du premier jour, et au diner et au souper du lendemain. C'est au [livre] 3° de l'Énéid.1, où il imite parfaitement Homère. Ovide en parle, en passant, au [livre] 14. des Métam[orphoses]|*. Enfin Ulysse, tenant une coupe pleine de ce vin délicieux, lui dit* :

Kékkw, ri, zle otvov. [Vers 347.]

Je crois que de ce mot de +ñ, qui signifie prends, vient le même mot que nous disons aux chiens*. Voyez, lui dit-il, quel vin étoit dans notre vaisseau. Je vous en donnerai encore un coup, afin que vous me renvoyiez.

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