‹ Œuvres de Jean Lemaire de BelgesChapitre 52 sur 89 · PLAINTE SVR LE TRE8PAS · texte numérisé non relu

PLAINTE SVR LE TRE8PAS

La grand' vertu, et prouesse gentile De vo8tre père, ainsi prins au passage ; Quand aurez temps, et de raison l'vsage, Prenez faconde, humble, sage, et constante, Selon le train de vostre mère, et tante.

Vous estes fille, en qui le loz redonde, Dvn des meilleurs gentilzhommes du monde.

Qu'en dites vous, ses parens et parentes ?

Ceux estes vous, à qui doy recourir Comme aux amis, et amies apparentes.

Ans, moys, et iours, certes ne sont pas rentes De grand' durée, on les laisse courir, le vous requier, pensez de secourir Vostre parent, surpris de mort à l'heure Qui de tout Tan est tenue à meilleure :

C'est à la Pasque, on doit présupposer Qu'il sceut tresbien de son fait disposer.

Pensez icy, vous autres gentilzhommes, Et regrettez, comme moy, ce dommage :

Considérez, qu'en ce monde ne sommes Fors pour porter labeurs, charges, et sommes, Puis à la mort payer tribut d'hommage.

Le bon Viconte ha pris pour son dismage À coups de traict, lances, piques, et haches. Ce mot portoit : non sinon la, hanaches.

Iesua luy doint Paradis, s'il ne Tha, Et iamais n'aille ailleurs, non sinon là.

AMBN.(l)

(1) Après Amen, les anciennes éditions mettent la devise rhétoiicienne de Crétin a Mienlw que pis » ainsi qu'une lettre à François Le Rouge. On la trou?era plus loin à la place assignée dans l'édition 1549.

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