‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 116 sur 465 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

DON BERNARD, DON LOPE

DON BERNARD

Quoi! rien ne vous succède et le prince et l'infante De cet indigne accueil ont traité votre attente?

DON LOPE

Ils m'ont traité d'un nom que j'ai bien mérité, Si quelque espoir encor flatte ma vanité, Si sacrifiant plus à mes erreurs passées , J'en fais le fondement de mes folles pensées, Et si dans les périls d'une fameuse mort Je ne vais contenter la cruauté du sort ! J'ai vu cent fois le port, et la vague plus forte. Quand j'y pense arriver, à l'instant me remporte; J'ai fait tout ce que peut pour preuve de sa foi Un captif pour son maître, un sujet pour son roi; En mille occasions j'ai la parque affrontée; Même par les mépris ma foi s'est excitée; Et plus j'ai pour l'état achevé de travaux, Plus il me fait d'injure et se rit de mes maux. La terre ainsi de fleurs et de moissons parée, Est prodigue à la main dont elle est déchirée, Et, d'un servile effort ranimant sa vigueur, Donne à qui plus contre elle exerce de rigueur. Mais le plus rude affront dont je ressens l'atteinte Est ce fatal appas, cette mortelle feinte, Dont la superbe infante a voulu colorer L'espoir qu'elle semoit pour me désespérer :

i64 DON BERNARD DE CABRERE, <^nand je n'ose être amant on m'ordonne de l'être; Pour me traiter de fol on me le fait paroître; Et le frère et la sœur, tous deux également, Font de mes passions leur divertissement.

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