VIOLANTE, LE COMTE, LÉONOR, PÉRÈS, DON PÈDRE, DON BERNARD
DON PÈDRE h don Bernard.
Votre silence parle et me la nomme assez.
Oui, mon frère, en son nom je reçois votre hommage.
(A Violante.)
Un amant se déclare à qui je vous engage : Ses vœux, ma chère sœur, seront-ils rejetés ?
lyo DOIS BERNARD DE CABRERE,
VIOLANTE
Non, si de don Bernard il a les qualités.
DON PÈDRE
Il en a le nom même avecque le mérite.
( Don Bernard et Violante s'embrassent. )
DON BERNARD
O cher et doux transport que cet espoir m'excite , Si l'heur que je conçois n'est une vérité , Plutôt qu'un si beau songe ôte-moi la clarté.
LÉONOR, les voyant s'embrasser.
Que vois-je? 6 juste ciel! Quoi, seigneur, la parole N'est-elle plus aux rois, qu'un songe ou qu'une idole? Ce matin quelque objet qui me pût enflammer Ne me devoit coûter qu'un souhait à former ; Et cette offre ce soir me laisse voir l'infante , Embrassant don Bernard, étouffer mon attente.
DON PÈDRE
Si je manque à ma foi , c'est pour vous la donner , Pour vous la tenir mieux et pour vous couronner; Pour accorder, madame, à votre amour extrême Cet heureux don Bernard en un autre lui-même , Et sous un nœud sacré soumettre en ce beau jour Les raisons de l'état à celles de l'amour.
LÉONOR
L'injure qui d'un roi partage la puissance
Et qui place en son trône , est une heureuse offense
DON PÈDRE
Comme sur mon esprit régnez sur mes états; Allons..... Mais quel écrit trouvé-je sous mes pas?