ACTE I, SCÈNE III
N'exceptez rien aussi de ce que je vous dois, Demandez ; j'en ai mis le prix à votre choix : Envers votre valeur acquittez ma parole.
FÉDERIC.
Je vous dois tout, grand roi.
VENCESLAS
Ce respect est frivole :
La parole des rois est un gage important. Qu'ils doivent, le pouvant, retirer à l'instant. Il est d'un prix trop cher pour en laisser la garde; Par le dépôt, la perte ou l'oubli s'en hasarde,
FÉDERIC.
Puisque votre bonté me force à recevoir
Le loyer d'un tribut et le prix d'un devoir,
Un servage ^ seigneur , plus doux que votre empire ,
Des flammes et des fers sont le prix où j'aspire;
Si d'un cœur consumé d'un amour violent,
La bouche ose exprimer
LADISLAS
Arrêtez, insolent; Au vol de vos désirs imposez des limites, Et proportionnez vos vœux à vos mérites : Autrement, au mépris et du trône et du jour. Dans votre infâme sang j'éteindrai votre amour : Où mon respect s'oppose, apprenez, téméraire, A servir sans espoir, et souffrir et vous taire; Ou
FÉDERIC.
Je me tais, seigneur, et puisque mon espoir Blesse votre respect, il blesse" mon devoir.
( Il sort avec Alexandre.) Tome V. i3
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