‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 134 sur 465 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

VENCESLAG, LADISLAS, OCTAVE.

VENCESLAS

Prince, vous emportant à ce caprice extrême, Vous ménagez fort mal l'espoir d'un diadème. Et votre tête encor qui le prétend porter.

LADISLAS

Vous êtes roi, seigneur, vous pouvez me l'ôter; Mais j'ai lieu de me plaindre, et ma juste colère Ne peut prendre de lois ni d'un roi ni d'un père.

VENCESLAS

Je dois bien moins en prendre et d'un fol et d'un fds. Pensez à votre tête, ^t prenez-en avis.

( Il sort. ) OCTAVE.

O dieux ! ne sauriez-vous cacher mieux votre haine ?

Veux-tu que, la cachant, mon attente soit vaine, Qu'il vole à mon espoir ce trésor amoureux. Et qu'il fasse son prix de l'objet de mes vœux? Quoi ! Cassandre sera le prix d'une victoire Qu'usurpant mes emplois il dérobe à ma gloire! Et l'état qu'il gouverne à ma confusion , L'épargne qu'il manie avec profusion, Les siens qu'il agrandit, les charges qu'il dispense, Ne lui tiennent pas lieu d'assez de récompense, S'il ne me prive encor du fruit de mon amour , Et si, m'otant Cassandre, il ne m'ôte le jour!

Page 1