‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 15 sur 465 · ACTE II, SCENE III. iS · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE III. iS

GEIVEST.

Qu'entends-je, juste ciel, et par quelle merveille,

Pour me toucher le cœur me frappes-tu l'oreille?

Souffle doux et sacré qui me viens enflammer,

Esprit saint et divin qui me viens animer.

Et qui me souhaitant m'inspire le courage.

Travaille à mon salut, achève ton ouvrage.

Guide mes pas douteux dans le chemin des cieux,

Et pour me les ouvrir dessille-moi les yeux.

Mais, ô vaine créance et frivole pensée.

Que du ciel cette voix me doive être adressée!

Quelqu'un s'apercevant du caprice oîi j'étois,

S'est voulu divertir par cette feinte voix.

Qui d'un si prompt effet m'excite tant de flamme ,

Et qui m'a pénétré jusqu'au profond de l'âme.

Prenez , dieux , contre Christ , prenez votre parti ,

Dont ce rebelle cœur s'est presque départi;

Et toi contre les dieux, 6 Christ, prends ta défense,

Puisqu'à tes lois ce cœur fait encor résistance;

Et dans l'onde agitée où flottent mes esprits

Terminez votre guerre , et m'en faites le prix*

Rendez-moi le repos dont ce trouble me prive.

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