‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 155 sur 465 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

VENCESLAS, LADISLAS, FÉDERIC, Gardes.

VENCESLAS, à FédeHc.

Venez, heureux appui que le ciel me suscite, Dégager ma promesse envers votre mérite. D'un cœur si généreux ayant servi l'état, Vous desservez son prince en le laissant ingrat : J'engage mon honneur engageant ma parole; Le prix qu'on vous retient est un bien qu'on vous vole Ne me le laissez plus, puisque je vous le dois, Et déclarez l'objet dont vous avez fait choix; En votre récompense éprouvez ma justice; Du prince la raison a guéri le caprice ; Il prend vos intérêts, votre heur lui sera doux, Et qui vous desservoit parle à présent pour vous.

LADISLAS, a part.

Contre moi mon rival obtient mon assistance! A quelle épreuve , ô ciel , réduis-tu ma constance I

FÉDERIC.

Le prix est si conjoint à l'heur de vous servir, Que c'est une faveur qu'on ne me peut ravir. Ne faites pas, seigneur, par l'offre du salaire, D'une action de gloire une œuvre mercenaire. Pouvoir dire : « Ce bras a servi Venceslas , » N'est-ce pas un loyer digne de cent combats ?

VENCESLAS

Non, non, quoi que je doive à ce bras indomptable, C'est trop que votre roi soit votre redevable.

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