‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 158 sur 465 · SCÈNE PREMIÈRE · texte numérisé non relu

SCÈNE PREMIÈRE

THÉODORE, LÉONOR

THÉODORE

Ah, Dieu! que cet effroi me trouble et me confond!

Tu vois que ton rapport à mon songe répond ,

Et sur cette frayeur tu condamnes mes larmes?

Je me mets trop en peine, et je prends trop d'alarmes?

LÉONOR

Vous en prenez sans doute un peu légèrement.

Pour n'avoir pas couché dans son appartement.

Est-ce un si grand sujet d'en prendre l'épouvante,

Et de souffrir qu'un songe à ce point vous tourmente?

Croyez-vous que le prince en cet âge de feu,

Où le corps à l'esprit s'assujettit si peu,

Oîi l'âme sur les sens n'a point encor d'empire ,

Où toujours le plus froid pour quelque objet soupire,

Yive avecque tout l'ordre et toute la pudeur

D'où dépend notre gloire et notre bonne odeur?

Cherchez-vous des clartés dans les nuits d'un jeune homme

Que le repos tourmente et que l'amour consomme?

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