‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 159 sur 465 · ACTE IV, SCÈNE I · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I

C'est les examiner d'un soin trop curieux : Sur leurs déportemens il faut fermer les yeux; Pour n'en point être en peine il n'en faut rien apprendre , Et ne connoître point ce qu'il faudroit reprendre.

THÉODORE

Un songe interrompu, sans suite, obscur, confus,

Qui passe en un instant et puis ne revient plus.

Fait dessus notre esprit une légère atteinte,

Et nous laisse imprimée ou point ou peu de crainte ;

Mais les songes suivis, ou dont à tout propos

L'horreur se remontrant interrompt le repos ,

Et qui distinctement marquent les aventures,

Sont les avis du ciel pour les choses futures.

Hélas! j'ai vu la main qui lui perçoit le flanc;

J'ai vu porter le coup, j'ai vu couler son sang;

Du coup d'un autre main j'ai vu voler sa tête ;

Pour recevoir son corps j'ai vu la tombe prête ;

Et m'écriant d'un ton qui t'auroit fait horreur,

J'ai dissipé mon songe et non pas ma terreur.

Cet effroi de mon lit aussitôt m'a tirée;

Et , comme tu m'as vue , interdite , égarée ,

Sans toi je me rendois en son appartement ,

D'oi^l j'apprends que ma peur n'est pas sans fondement,

Puisque ses gens t'ont dit.,.. Mais que vois-je?

23o VENCESLAS,

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