‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 184 sur 465 · ACTE V, SCENE IX · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE IX

Par ses soins tout nous rit, tout fleurit, tout succède; Par son art nos voisins, nos propres ennemis , N'aspirent qu'à nous être alliés ou soumis ; Il fait briller partout notre pouvoir suprême ; Par lui toute l'Europe ou nous craint ou nous aime , Il est de tout l'état la force et l'ornement , Et vous me l'ôteriez par votre éloignement. L'heur le plus précieux que régnant je respire Est que vous demeuriez l'âme de cet empire.

(Montrant Théodore.)

Et si vous répondez à mon élection , Ma sœur sera le nœud de votre affection.

FÉDERIC.

J'y prétendrois en vain, après que sa défense M'a de sa servitude interdit la licence.

THÉODORE

Je vous avois prescrit de cacher vos liens; Mais les ordres du roi sont au-dessus des miens, Et me donnant à vous font cesser ma défense.

FÉDERIC.

Oh ! de tous mes travaux trop digne récompense !

( A Ladislas.)

C'est à ce prix, seigneur, qu'aspiroit mon crédit, Et vous me le rendez me l'ayant interdit.

LADISLAS, a Cassandre.

J'ai pour vous accepté la vie et la couronne , Madame ; ordonnez-en , je vous les abandonne. Pour moi sans vos faveurs elles n'ont rien de doux ; Je les rends, j'y renonce, et n'en veux point sans vous De vous seule dépend et mon sort et ma vie.

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