ACTE II, SCÈNE VI
Et qui fait que mon sang se déplaît dans mes veines , Qu'il brûle d'arroser cet arbre précieux Oii pend pour nous le fruit le plus chéri des cieux. J'ai peine à concevoir ce changement extrême, Et sens que, différent et plus fort que moi-même, J'ignore toute crainte, et puis voir sans terreur La face de la mort en sa plus noire horreur. Un seul bien que je perds, la seule Natalie, Qu'à mon sort un saint joug heureusement allie. Et qui de ce saint zèle ignore le secret. Parmi tant de ferveur mêle quelque regret. Mais que j'ai peu de cœur si ce penser me touche ! Si proche de la mort, j'ai l'amour en la bouche!