ACTE IIL
THÉODORE, FÉDERia
FÉDERIG.
Madame, auprès de vous j'étois heureux de vivre; Ma présence vous blesse , et je vous en délivre. Mais ne puis-je savoir, avant de me bannir, Quel est le crime enfin dont je vais me punir?
THÉODORE
Vous me le demandez , vous dont l'injuste haine Se fait de nos malheurs une joie inhumaine?
FÉDERIC.
Quoi ! si la calomnie a voulu me noircir, Madame , est-ce à vos yeux qu'elle a dû réussir ?
THÉODORE
Et d'oîi partent les coups dont le sort nous accable ? Si le meilleur des rois traite un fils en coupable , Si Cassandre s'obstine au refus de ses vœux , Qui le fait criminel ? qui le rend malheureux ? Qui le trahit?
FÉDERIC.
Lui seul , madame : qu'il modère L'ardeur de ses désirs , qu'il cède aux lois d'un père , Qu'il oppose à l'amour un cœur maître de soi , Il trouvera bientôt un père dans un roi.