ACTE III, steNE I. 2QI
Pour le bonheur du roi, pour le bonheur de tous , Tâchez de la résoudre à ce grand hyménée. Nous vous devons la paix , rendez-la fortunée,
FÉDERIC.
Que n'ai-je sur son cœur, pour y contribuer, Ce pouvoir absolu qu'on veut m'attribuer !
THÉODORE
Tranchons de vains discours. Ladislas auprès d'elle Peut-il en sa faveur compter sur votre zèle ? Puis-je en être garant?
FÉDERIC.
Si pour le rendre heureux , Il falloit tout mon sang, doutez-vous
THÉODORE
Je ne veux Que les soins d'un ami , je vous le dis encore. Intéressez Cassandre au feu qui le dévore , Faites qu'elle consente à lui donner la main : Parlez, priez, pressez.
FÉDERIC.
Je tenterois en vain.
THÉODORE
Quel qu'en soit le succès , vos efforts sur son âme Sont tout ce que j'attends; puis-je y compter?
Madame, Ou me réduisez-vous ?
THÉODORE
Eh quoi ! vous balancez ?
FÉDERIC.
Un devoir dont je suis esclave
THÉODORE
> C'est assez.
(Elle sort.')
292 VEffCESLAS,
FÉDERIC seul.
Elle fuit ! et comment l'aurois-je détrompée De l'injuste soupçon dont elle étoit frappée? Falloit-il m'expliquer ? falloit— il obéir ? Non , prince, ami trop cher, je n'ai pu te trahir. Honneur, vertu , devoir, je suis votre victime : Mais je soutiendrai mieux le malheur que le crime.