‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 210 sur 465 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Les mêmes; CASSANDRE.

CASSANDRE, dans lacouUsse.

Eh bien , madame , eh bien ! j'en serai la victime.

(A Alexandre.) Eh quoi ! prince , à vos yeux vous souffrez qu'on m'opprime , Que du plus tendre amour on me fasse un tourment I Et ne puis-je donner mon cœur impunément ?

294 VENCESLAS

ALEXANDRE, à Cassaridre.

Quel outrage , madame , émeut votre colère ?

CASSANDRE

Le zèle d'une sœur pour l'intérêt d'un frère :

Son tyrannique effort veut éblouir mes yeux

Par cet éclat qui touche un cœur ambi^tieux ;

On prétend m'aveugler avec un diadème ,

Et l'on veut malgré moi que je règne et que j'aime :

C'est l'ordre qu'on m'impose ; ou le prince irrité ,

Faisant céder sa haine à son autorité ,

Doit me punir des feux que j'allume en son âme ,

Et venger en tyran le mépris de sa flamme.

ALEXANDRE

Duc, à me découvrir je suis déterminé.

(A Cassandre.) Tranchons l'indigne cours d'un amour effréné ; Nous serons sans effroi , quoi qu'il puisse entreprendre , Quand j'aurai contre lui mon épouse à défendre, Quand les nœuds de l'hymen , le nom sacré d'époux , M'auront fait un devoir de répondre de vous.

CASSANDRE

Mon époux ! votre amour a donc l'aveu d'un père ?

ALEXANDRE

Non ; je vais m'exposer à toute sa colère ; Mais nous sommes réduits à cette extrémité.

FÉDERIC.

Vous , prince , vous soustraire à son autoi'ité !

CASSANDRE

A l'amour le plus pur imprimer cette tache , Et vouloir que le crime à mon sort vous attache ! Votre frère à son gré peut violer les lois , Mais vous , dont les vertus ont mérité mon choix , Si de vous démentir je vous croyois capable , Qui vous aime innocent vous haïroit coupable.

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