ACTE III, SCENE III
Votre père a seul droit de disposer de vous ; Et je veux de sa main recevoir un époux.
ALEXANDRE
Il faut donc renoncer au seul bien que j'espère. Je ne prévois que trop les refus de mon père : Le prince a sur son âme un pouvoir absolu : Je vous perdrai , Cassandre , et vous l'aurez voulu.
CASSAN0RE
Moi?
ALEXANDRE
Que l'hymen m'assure une juste conquête , Aux pieds d'un père alors je porterai ma tête ; Et mon sort n'a plus rien qui vous doive alarmer , Dès que je n'aurai plus qu'un père à désarmer.
CASSANDRE
Vous me faites frémir.
ALEXANDRE
Est-ce là ce courage Qui du sort en courroux devoit braver l'orage ?
CASSAN DRE
Il braveroit pour vous la mort sans hésiter ; Mais à l'ombre d'un crime il ne peut résister.
ALEXANDRE
Eh bien ! à mon rival attendez qu'on vous livre.
Avant d'y consentir , je cesserai de vivre.
ALEXANDRE
Cessez plutôt de craindre , osez vous affranchir , Et ne me laissez plus que mon père à fléchir. Vous hésitez encore ? Eh bien , si l'on m'accable , Si je suis malheureux, si je deviens coupable , Si d'un père sur moi j'attire le courroux , S'il me hait , si je meurs , n'en accusez que vous.
CASSANDRE
Quel trouble , quelle alarme , et quels soins me possèdent !
296 VENCESLAS