SCÈNE IV
Les mêmes; LADISLAS.
ladislas.
Madame , il ne se peut que mes vœux ne succèdent ; J'aurois tort d'en douter , et de redouter rien Avec deux confidens qui me servent si bien , Et dont l'affection part du profond de l'âme : Ils vous parloient sans doute en faveur de ma flamme ?
GASSANDRE , à Ladislas .
Vous les désavoûriez de m'en entretenir , Puisque je suis si mal en votre souvenir , Qu'il veut même effacer du cours de votre vie La mémoire du temps que vous m'avez servie , Et qu'avec lui vos yeux et votre cœur d'accord Détestent ma présence à l'égal de la mort.
LADISLAS
Vous pensez me braver ; et , s'il faut vous en croire , A languir dans vos fers j'ai mis toute ma gloire. D'un triomphe incertain pourquoi vous applaudir? Madame , il est bien vrai , je n'ai pu vous haïr ; Ladislas , jusqu'à vous ayant daigné descendre, Prodigue de ses soins , se plut à vous en rendre : Mais , après tout , ces soins que vous interprétez Ont pu VOUS éblouir et n'être qu'affectés. Je suis jeune , et dans l'âge oii l'on aspire à plaire; Né bouillant , j'ai souvent besoin de me distraire : Je vous offris mes vœux ; mais , près de vos appas , J'ai pu vouloir aimer et pourtant n'aimer pas. Sans doute j'en dis trop ; excusez ma franchise. Je suis fier , et surtout alors qu'on me méprise. Je n'ai point de dépit , je le sens , mais enfin J'attendois un refus et non pas un dédain : J'ai dû vous en punir. Content de ma vengeance y