SCÈNE III
VENCESLAS, FÉDERIC, Ij k\)\^h kS , conduit par Féderic; Gardes.
VENCESLAS, apercevant Ladislas.
Mais , ô vaine constance ! ô force imaginaire !
A cette vue encor je sens que je suis père ,
Et n'ai pas dans mon cœur détruit tout sentiment.
Sortez, gardes. Vous, duc , laissez-nous un moment.
( Féderic et les gardes sortent.)
LADISLAS
Venez-vous conserver ou venger votre race ? M'annoncez-vous , mon père , ou ma mort ou ma grâce ?
y Ej^czsL AS y pleurant.
Embrassez-moi , mon fils.
5i6 YENCESLAS,
Seigneur, quelle bontél Quel excès de tendresse en un juge irrité ! Cet accueil désarmé de haine et de colère Est-il l'adieu funeste ou le pardon d'un père ?
VENCESLAS
C'est le dernier effort d'un cœur infortuné Qu'à mourir de douleur vous avez condamné. Savez-vous de quel sang vous avez pris naissance ?
LADISLAS
Je l'ai mal témoigné , mais j'en ai connoissance.
VENCESLAS
Sentez-vous de ce sang les nobles mouvemens?
LADISLAS
Si je ne les produis , j'en ai les sentimens.
VENCESLAS
Enfin d'un grand effort vous sentez-vous capable ?
LADISLAS
Oui , puisque je résiste au remords qui m'accable , Et qu'un effort mortel ne peut aller plus loin.
VENCESLAS
Armez-vous de vertu, vous en avez besoin.
LADISLAS
S'il est temps de partir , mon âme est toute prête.
L'échafaud l'est aussi, portez-y votre tête :
Plus condamné que vous , mon cœur vous y suivra ;
Je mourrai plus que vous du coup qui vous tùra ;
Mes larmes vous en sont une preuve assez ample :
Mais à l'état , enfin , je dois ce grand exemple ,
A ma propre vertu ce généreux effort ,
Cette grande victime à votre frère mort.
J'ai craint de prononcer , autant que vous d'entendre