SCÈNE VI
Les mêmes; OCTAVE.
OCTAVE, à Venceslas.
Autour de votre fils tout le peuple s'amasse , Seigneur ; et l'échafaud pour ce prince dressé , Par leur zèle indiscret est déjà renversé. Tous , les larmes aux yeux, d'une commune envie , Protestent de périr ou lui sauver la vie. D'un même mouvement et d'une même voix Tous le disent exempt de la rigueur des lois ; Et , si cette chaleur n'est bientôt apaisée, Jamais sédition ne fut plus disposée.
En vain , pour y mettre ordre et pour les contenir , J'ai voulu
VENCESLAS , à Ocfflt'e. •
C'est assez. Faites-le-moi venir.
(Octave sort.)
THÉODORE, à part.
Juste ciel , accomplis ce favorable augure.
0 ma fille ! ô mon peuple ! ô tendresse ! ô nature I Je cède. Il faut vouloir ce que vous souhaitez , Et sur vos sentimens régler mes volontés.
( A Féderic.) Guerrier trop généreux , après son injustice Du prix de vos exploits lui faire un sacrifice ! Quel triomphe pour vous ! pour lui quelle leçon!
FÉDERIC, à J^enceslas.
Mon sang est trop payé s'il devient sa rançon ; Des restes de ce sang puisse-t-elle dépendre ! Avec la même ardeur qu'on me l'a vu répandre En combattant pour vous contre vos ennemis , Il couleroit encor pour sauver votre fils.