‹ uvres de Jean Rotrou (volume 2)Chapitre 234 sur 465 · ACTE V, SCENE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCENE VII

(Venceslas se découvre devant son fils, et l'embrasse. Les grands de Pologne tirent leur sabre, signe qui confirme l'élection du nouveau roi.) Roi , je n'ai pu des lois souffrir les ennemis : Père , je ne pourrai faire périr mon fils. Une perte est aisée oii l'amour nous convie : Je ne perdrai qu'un nom pour sauver une vie. Le duc , pour récompense , a demandé vos jours ; Votre sœur, tout l'état vient à votre secours ; C'en est fait, je renonce à mon pouvoir suprême : J'aime mieux conserver un fils qu'un diadème.

LADISLAS

Si vous ne pouvez être et mon père et mon roi , Puis-je être votre fis et vous donner la loi ? Non ; je dois m'opposer à cet effort extrême : Abandonnez plutôt un fils qu'un diadème.

VENCESLAS

Je n'y prétends plus rien ; ne me le rendez pas : Qui pardonne à son roi puniroit Ladislas , Et , sans cet ornement , feroit tomber sa tête.

LADISLAS

A vos ordres, seigneur, la voilà toute prête :

Je la conserverai puisque je vous la dois ;

Mais elle régnera pour dispenser vos lois ;

Et toujours , quoi qu'elle ose , ou quoi qu'elle projette ,

Le diadème au front , sera votre sujette.

(A Féderic en l'embrassant.) Par quel heureux destin , duc , ai-je mérité , Et de votre courage et de votre bonté , Le soin si généreux qu'ils ont eu de ma vie ?

FÉDERIC, à Ladislas.

Ils ont servi l'état alors qu'ils l'ont servie. Mais , et vers la couronne et vers vous acquitté , J'implore une faveur de votre majesté.

LADISLAS

Quelle?

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