VENCESLAS, ACTE V, SCENE VIL
FÉDERIC.
Votre congé , seigneur, et ma retraite, Pour ne vous plus nourrir de la haine secrète Qui , m'expliquant si mal , vous rend toujours suspects Mes plus ardens devoirs et mes plus grands respects.
LADISLAS-
Non , non : vous devez , duc , vos soins à ma province.
Roi , je n'hérite point des différens du prince ;
Et j'augurerois mal de mon gouvernement,
Si je perdois en vous son plus sûr fondement.
Qui trouve où. dignement reposer sa couronne ,
Qui rencontre à son trône une ferme colonne ,
Qui possède un sujet digne de cet emploi ,
Peut vanter son bonheur et dire qu'il est roi.
Vous m'avez fait rougir d'une aveugle colère ;
Par vous je monte au trône et je retrouve un père :
Si de mes sentimens ma sœur est de moitié ,
Sa main sera le nœud d'une sainte amitié.
IHZODO^'E , à Ladislas.
Est-ce assez de ma main pour payer votre vie ? Est-ce assez de mon cœur ?
rÉDÈRic , à part.
0 sort digne d'envie !
( A Ladislas.) Seigneur , voilà le bien que j'avois attendu : Vous m'en aviez privé , vous me l'avez rendu,
VENCESLAS
Rendons à mon fils mort nos dernières tendresses , Et dans sa sépulture enfermons nos tristesses.
( A Ladislas.) Vous , faites-moi vivant louer mon successeur, Et voir de ma couronne un digne possesseur.