ACTE m, SCÈNE I
HORMISDATE.
Madame, il est tout vôtre, et peut tout pour vous plaire; Je vous réponds pour lui d'une fidélité Qui le sacrifira pour votre majesté.
SÏRA.
J'en demande une épreuve, et , si jen suis ingrate, Je veux voir sans effet l'espoir dont je me flatte.
HORMISDATE.
Quelle ?
siRA, lui présentant un poignard et du poison.
Que par ses mains le prince , en sa prison , Recevant de ma part ce fer et ce poison , Choisisse en l'un des deux l'instrument de sa perte.
HORMISDATE.
Justes dieux! quelle injure en avez -vous soufferte, Qui porte à cet excès votre ressentiment ?
SIRA
Ou qu'au refus ton frère en pousse l'instrument.
HORMISDATE.
Madame , au seul penser d'un dessein si funeste , Je crois voir dessus moi choir le courroux céleste ; J'en demeure interdite et j'en frémis d'horreur.
SIRA
Il faut bien plus de force à servir ma fureur : On achète à bon prix l'état dont la conquête Et l'affermissement ne coûtent qu'une tête. J'élèverai ton frère en un si digne rang, Que nul plus près que lui n'approchera mon sang , Et la part qu'il aura dedans le ministère
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