Tome V
370 COSROÈS,
siRA , a Sardarigue.
Allons, délivre - moi de ces objets funestes, Ces horreurs de mes yeux , ces odieuses pestes ; N'importe où je les fuie, ils me sont plus affreux Que le plus noir cachot qui m'éloignera d'eux. Allons.
(Sardarigue et ses gardes emmènent Sira.) SIROÈS.
Mon règne naît sous de tristes auspices , Si je lui dois d'abord du sang et des supplices.
PALMIRAS.
D'un trône où l'on se veut établir sûrement
Le sang des ennemis est le vrai fondement.
Il faut de son pouvoir d'abord montrer des marques ,
Et la pitié n'est pas la vertu des monarques.
Du droit qu'on vous ravit tout le camp est jaloux ;
Les voix nomment son fils, tous les cœurs sont pour vous.
Il faut vaincre ou périr en ce fameux divorce :
Héritier de Cyrus , héritier de sa force ,
Qui rendit ce grand roi si craint et si puissant ,
Que les fameux proscrits de son règne naissant?
Chaque chef des quartiers vous répond de la ville ;
Pharnace et Vayacès traitent avec Emile;
J'ai mis en liberté les prisonniers romains ;
Tout est calme au palais , la reine est en vos mains.
Peu de chose vous reste, et l'arrêt de deux têtes
Met la vôtre à couvert de toutes ces tempêtes ;
Leur perte vous conserve , et c'est à cet effort
Qu'il vous faut éprouver et qu'il faut être fort ,
Qu'il faut , d'une vigueur mâle et plus que commune ,
Aider les changemens qu'entreprend la fortune.